Pour commencer, quelques données sur le Pakistan
Les données ethniques sont ici encore plus lourdes de sens que dans les autres États du Monde indien. Qu'on se réfère à l'une des deux origines admises pour le nom du pays : PAKISTAN serait un acronyme formé à partir des provinces et des peuples Pendjab Afgani Kashmir Indus Sind BaloutchisTAN... Chaque province, on le verra, se distingue largement des autres. À commencer par son poids et son comportement démographiques.
POPULATION DES PROVINCES PAKISTANAISES EN 2002 ET 2005
Vous remarquerez l'illusoire précision des statistiques (à la centaine près en 2002). Illusoire quand on sait que le dernier recensement a été effectué en 1998 au Pakistan. Cette année-là, la population totale s'établissait à 130,58 millions d'habitants. Depuis, les estimations l'ont faite monter à 157,38 millions en 2006 dans certaines publications (exemple "2007-2008 L'essentiel d'un marché : Pakistan" éditions UBIFRANCE) contre 162,4 millions en 2005 dans les IEM édition 2007 ...
Les estimations sont établies selon des rythmes de progression rapides qui opposent cependant :
Pendjab et Sind d'une part qui enregistrent les plus forts taux
Balouchistan où le rythme est plus lent
Zones tribales, territoires du Nord-Ouest et capitale en situation intermédiaire.


LES VILLES DU PAKISTAN

On peut déjà percevoir sur cette carte les différentes organisations de l'espace.
Au réseau complexe et dense du Pendjab répond la macrocépahlie de Karachi dans l'ombre de laquelle aucune ville importante ne peut se développer. Hyderabad n'agit pas de la même façon sur les confins du désert de Thar : elle organise un petit réseau hiérarchisé. Enfin, la vallée de l'Indus déroule un réseau linéaire aux confins du Sind et du Pendjab.


LE SYSTÈME URBAIN DU SRI LANKA

Un système urbain totalement déséquilibré. Le Sud-Ouest abrite les plus fortes concentrations urbaines du pays. C'est la partie "utile" du Sri Lanka où les réseaux convergent et où les activités secondaires et tertiaires sont les plus développées.

LES DISPARITÉS HOMMES-FEMMES EN INDE
Un problème archi-rebattu et que nous devrons étudier avec précision. Voici l'état du sex-ratio dans l'Union Indienne.

SEX RATIOS PAR ÉTATS ET TERRITOIRES DANS L'UNION INDIENNE
Ce document n'est qu'une photographie partielle de la condition féminine. Il ne faut pas lui faire dire plus qu'il ne le peut. Le Kerala est un État où les femmes semblent prendre plus de place et de pouvoir (le matriarcat y est puissamment ancré). Le Nord-Ouest paraît plus en retrait. Pourtant, Pendjab et Haryana ont vu récemment remonter le ratio. Des évolutions sont en cours. Nous étudierons la place des femmes à travers d'autres indices :
les violences qui leur sont faites et leur justification par les femmes elles-mêmes (!) montrent un Nord-Est étrange où les mères avouent une préférence pour leurs filles tout en acceptant les violences !
le degré d'autonomie des femmes dans la vie familiale où Nord-Ouest et Nord-Est sont en tête alors qu'on se serait attendus à ce que les États du Sud, à plus fort ratio, soient à cette place.


LE VIEUX ET LA NOUVELLE DELHI
New Delhi porte la marque d'un goût immodéré pour la géométrie et les perspectives, l'ordre et l'accessibilité. C'est une ville planifiée par la puissance colonisatrice. Ses grands espaces répondent à un souci d'hygiénisme classique au début du XXème siècle. Elle est inaugurée en 1931. Les avenues sont parfaitement adaptées aux parades britanniques. Les bâtiments du gouvernement sont de style victorien-moghol. Des palais sont réservés au vice-toi et aux autres notables de l'Empire. New Delhi est le contrepoint parfait du Vieux Delhi, enfermé dans ses murailles, fait de rues étroites et de passages venteux qui avaient cru de façon purement organique.
Après l'Indépendance, toutefois, la partie européenne de la capitale a été mitée en de rares endroits par des bidonvilles (ou slums). Pourtant ces derniers sont plus généralement circonscrits dans les emprises spatiales des grandes voies de communication (comme le chemin de fer sur ce plan) ou dans les extensions plus récentes en dehors de la vieille ville et de la ville monumentale.


MOSAÏQUE LINGUISTIQUE AU CACHEMIRE
Pour vérifier, si c'était nécessaire, à quel point la frontière est artificielle si on considère les familles linguistiques (entre Ladakh et Baltistan par exemple). Cependant elle sépare des groupes relativement homogènes.


LES RELIGIONS AU CACHEMIRE
Imaginez un monde sans pays, sans raisons de tuer ou de mourir, et sans religions non plus ... Reprendre les paroles d'un ex-scarabée passé de vie à trépas un soir de décembre à New-York est totalement surréaliste quand on s'arrête au Cachemire où la religion tient un rôle essentiel dans le maintien des tensions géopolitiques ...


Tout vient de la partition de 1947. Soulèvement de la majorité musulmane (en sous-main par le Pakistan) contre le maharadjah Hari Singh (le Cachemire était un royaume associé à l’Empire britannique des Indes) qui souhaite son rattachement à l’Inde. Les troupes pakistanaises pénètrent au Cachemire pour soutenir les insurgés. Aidés par la configuration du terrain : entrée naturelle de la vallée de la Jhelum vers Srinagar, vallée de l’Indus vers les territoires du Nord. L’Inde en revanche ne touche au Cachemire que par l’Himalaya par l’Himachal Pradesh. Plus un petit bout de piémont donné par le négociateur anglais Cyril Radcliffe (entorse au principe de distribution religieuse) au SO du Jammu. 1er janvier 1949, cessez-le-feu sous l’égide de l’ONU qui fixe la ligne de cessez-le-feu.

La résolution de l'ONU pour la conduite d'un referendum d'autodétermination n'a jamais été appliquée.

Une deuxième guerre a lieu en 1965, puis guerre de 1971.

En 1972 est signé l'accord de Simla qui confirme la partition de part et d'autre de la LOC (ligne de contrôle) reprenant la ligne de cessez-le-feu de 1949. Le Pakistan souhaiterait une résolution internationale du conflit tandis que l'Inde privilégie toujours la résolution bilatérale ... A cette époque, le Pakistan est l’allié des EU et intervient dans le rapprochement avec la Chine : la route stratégique Pakistan-Chine passe par le Cachemire du Nord. L’Inde est pro-soviétique. L’Afghanistan aussi ... Nœud géopolitique majeur.

Soulèvement de 1989 côté indien car l’autonomie promise au maharadjah en 1947 et entérinée par la Constitution indienne de 1950 a été très considérablement restreinte. Le JKLF (front de libération du Jammu-Kashmir) est piloté par le Pakistan et son ISI (services secrets développés avec appui de la CIA au temps de la guerre d’Afghanistan) devenu un Etat dans l’Etat sous le général Zia al-Haq. Les cadres du JKLF passent la frontière et s’entrainent en Azad Cachemire dans les camps de l’armée et de l’ISI. Mais le JKLF est suspect aux yeux des Pakistanais car il souhaite l’indépendance et se réfère à la tradition de la “kashmiriyat” de coexistence des peuples et religions ... Les Pakistanais soutiennent donc un autre mouvement (le Parti des Moudjahidine) dont le QG est à Muzzafarabad tandis que les commandants opèrent dans la Vallée (de Srinagar) côté indien. Mais le mouvement s’essouffle.

Dans le prolongement de la victoire en Afghanistan (les Taliban sont soutenus par le Pakistan et ont été formés dans la région de Peshawar dans des madrassa intégristes) le Pakistan pousse des islamistes (les Compagnons du Prophète) liés aux Talibans vers le Cachemire : transformation radicale : le mouvement ne vient plus du Cachemire soutenu par le Pakistan mais directement du Pakistan. Formés dans les camps de l’Azar cachemire, au Pakistan et en Afghanistan. Liens avec Oussama ben Laden. Nombreux tués lors de l’attaque des camps afghans par les US en 1998 après les attentats de ben Laden contre les ambassades US en Afrique de l’Est.



DENSITÉS DANS LE MONDE INDIEN (en Hab/km2)
Un des documents essentiels du cours : où sont les densités les plus fortes ? On reconnaitra rapidement le tracé des principaux fleuves et de leurs plaines. Le Gange et l'Indus notamment (ainsi que leurs affluents) se signalent par leurs fortes densités. Les sinuosités de la Godaveri sont nettement visibles dans l'Est du Deccan. Ce qui sera plus intéressant sera l'étude des différences : pourquoi Narbada et Tapti sont-elles aussi peu visibles sur une carte des densités ?
D'autres différences retiendront notre attention : le gradient Nord-Sud des densités sur le plateau du Deccan ainsi que le gradient Est-Ouest. Remarquez les fortes densités qui caractérisent le revers oriental des Ghâts occidentaux et le peuplement qui diminue sensiblement vers l'Est à l'exception de quelques taches ou de quelques espaces linéaires visiblement calés sur les fleuves et rivières.
La place des deltas ne devra pas être négligée. Celle des montagnes non plus. Il existe une relation entre altitude et peuplement. Mais elle n'est pas aussi simple qu'il y paraît.


DENSITÉS DU MONDE INDIEN
Même carte, mais avec le repère de quelques villes. Les relations ville-campagne doivent être précisées. Elles seront variables selon la densité des campagnes et du semis urbain. L'Est de la plaine du Gange se signale par la vigueur du peuplement et le maintien de nombreux centres urbains de service dans un environnement relativement pauvre. Rien à voir cependant avec le réseau urbain du Kerala qui semble résolument tourné vers la mer (regardez bien la carte : c'est un cas unique en Inde et qu'on ne retrouverait peut-être que sur la côte Sud-Ouest du Sri Lanka). Le réseau est nettement linéaire. À d'autres échelles on retrouve une structure linéaire dans certaines vallées : celle de Srinagar ou encore celle de la Damodar (deux taches allongées en arc de cercle convexe au N-O du "K" de Kolkata pour les grands débutants ...).


DENSITÉS DE POPULATION PAR ÉTAT EN 2001
Un changement d'échelle de représentation modifie totalement le jugement. Sur cette carte on ne peut plus raisonner qu'en termes de grandes aires régionales. (carte dessinée à partir de la carte de la page 35 de Population et développement en Inde sous la direction de Marie-C.Saglio-Yatzimirski).
Plaines indo-gangétiques et Inde du Sud s'opposent alors à une diagonale centrale, de l'Orissa au Rajasthan ainsi qu'aux périphéries septentrionales. L'étude qui se contente de l'échelle des États est relativement pauvre. Elle est inopérante pour rendre compte des différences de densités. Les cartes fondées sur les statistiques d'États ne sont utilisables que pour des indicateurs tels que mortalité, fécondité, natalité, sex ratio ou critères économiques. Ne vous trompez donc pas sur les échelles de représentation.