ACCÉLÉRATIONS DE LA CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE ?

Quadruplement en 100 ans : 240 Ms à 1 Md en Inde entre 1901 et 2001.

Pakistan : 165 Ms maintenant pour 34,3 en 1950. x4 en 50 ans.

Bangladesh : x3,5 en 50 ans.

Népal : x2,8 en 50 ans.

Sri Lanka se signale par son rythme plus mesuré : x2,5 en 50 ans.

Les BIMARU states rassemblent 350 Ms d'hab. Plus fort potentiel de croissance. Entre 3,31 et 3,99 enfants par femme quand la moyenne indienne est à 2,85.

FÉCONDITÉ EN INDE

Pakistan et Népal : 2,4% de taux de croissance par an. Contre 1,9 au Bangladesh, 1,6 en Inde. et seulement 1,3 à Sri Lanka.




UNE CROISSANCE ANNUELLE DE PLUS DE 2% PAR AN PENDANT PLUSIEURS DÉCENNIES

En Inde, seulement depuis les années 50 (avant : situation d'ancien régime). Baisse de la mortalité qui l'explique. Puis décélération surtout sur la période 1991-2001 : 1,95% en moyenne. Mais 1,6% maintenant.

Pakistan longtemps 3% ! 2,95% en 1992. Encore 2,4% maintenant.

Jeunesse des populations : Pakistan et Népal les plus jeunes (transition loin d'être achevée). Inde et Bangladesh dans la moyenne régionale (35 à 36% de leur population a moins de 15 ans). Le Bhoutan et surtout Sri Lanka sont très avancés.

POLITIQUES DE POPULATION :

PRISE DE CONSCIENCE D'UN PROBLÈME :

Le Pakistan se dote d'un planning familial dès 1952. Mais peu efficace. Relativement en milieu urbain. mais pas dans les campagnes et encore moins dans le NWFP où le ministre de la justice se prononce contre en 2007 ! 11% des femmes seulement pratiquent la contraception. 33 ans de fertilité. La fécondité reste donc forte au Pakistan : 4,6 enfants. En moyenne âge au mariage : 17 ans. Mais 6,6 dans les campagnes !

Inde : plusieurs plans depuis 1951. la période la plus noire est celle de “l'état d'urgence” quand en 1975 le Parti du Congrès au pouvoir tente de faire adopter une loi interdisant aux couples d'avoir plus de 3 enfants. Déjà en 1970-71, campagnes de stérilisations massives comme à Ernakulam au Kerala : 63 000 interventions en juillet 1971. On en revient après 1977 à la promotion de méthodes “réversibles”.

Le Bangladesh est “un bon disciple de Malthus”. Il a intensifié les mesures pakistanaises de 1952. Efforts renforcés par les 2000 ONG locales et internationales. Existence de ce réseau de diffusion de l'information surtout à partir du Plan quinquennal de 1973-78. Contraception x8 après visites d'agents féminins du planning familial à la campagne. x2,5 en ville (car déjà mieux éduquées). Arme efficace dans lutte contre SIDA. Clergé progressiste dans un pays à 85% de musulmans. La baisse de fécondité est donc plus rapide qu'en Inde et le Bangladesh est en train de rattraper son voisin ave 3 enfants par femme contre 6,3 (!) en 1972 !!! Le Bangladesh est entré dans la deuxième phase de sa transition démographique en parallèle avec sa croissance économique récente.

Ces réseaux d'information santé expliquent aussi la faible présence du VIH :
Inde : 8,4 p 1000 à 3 p 1000

Bhoutan : 2,2 p 1000

Pakistan : 1,2 p 1000 à 0,3 p 1000

Sri Lanka : 0,4 p 1000 à 0,15 p 1000

Bangladesh : 0,12 p 1000 à 0,04 p 1000

Pour une population équivalente, le Bangladesh a 10 fois moins de cas de SIDA que le Pakistan. Même Sri Lanka offre des taux supérieurs.

En termes d'IDH, Sri Lanka a dépassé récemment les Maldives et se trouve au même niveau que le Kerala, seul État de l'Inde à atteindre un tel niveau : 0,755.

La baisse de la fécondité est un indice de développement humain. En revanche, le maintien de niveaux élevés se traduit par un ISDH faible :

Au Pakistan :


L'absence de différence notable entre les deux chiffres de l'IDH et de l'ISDH montre un statut de la femme mieux affirmé. Sri Lanka et Bangladesh se distinguent des autres pays. Le Pakistan est à ce titre le pays le plus inégalitaire sexuellement, devant le Népal et l'Inde. Deux mondes se font face.

La carte précédente représente les différences entre hommes et femmes en Inde en termes de taux d'alphabétisation. C'est au Rajasthan qu'on atteint les valeurs extrêmes : taux d'alphabétisation moindre de 32% chez les femmes (44% contre 76%). La situation contraste avec celle du Kerala où les chiffres sont respectivement de 6% (94% contre 88%).

À Sri Lanka, l'indice de fécondité chute entre 1960-65 et 1985-90 de 50%. Le pays atteint le seuil de 2 enfants par femme dès 1993.

TRANSITIONS DÉMOGRAPHIQUES EN COURS

MORTALITÉS ET NATALITÉS EN BAISSE

TMI

222 p 1000 en 1911

148 p 1000 en 1951

96 p 1000 en 1991

58 p 1000 en 2006.

Progrès énormes en Inde. Remontée de l'espérance de vie (57 ans en 1991 mais pratiquement 63 en 2006). La mortalité infantile (sous-estimée) est de l'ordre de 12 p 1000 au Kerala. En revanche elle est très forte encore en Orissa, Andhra Pradesh ainsi qu'au Rajasthan et en Uttar Pradesh.

Les femmes ont moins d'enfants et surtout moins longtemps. Elles les ont jeunes mais s'arrêtent plus vite par une contraception d'arrêt par stérilisation féminine. 82% des couples dont l'un des membres a été stérilisé n'utilisait auparavant aucune méthode contraceptive. Alors que dans les années 1970 ce sont les hommes qui se font stériliser (82% de ces dernières) le phénomène s'est inversé : 98% des stérilisations sont maintenant féminines.

TMI hindou>musulman>chrétien. TMI ville <TMI campagne. Dépend du niveau d'instruction.

Fécondité <2 à Goa et Kerala.



On peut penser qu'il y a corrélation entre taux d'urbanisation et baisse de la fécondité. ce n'est pas aussi simple : Kerala 26% de citadins seulement mais fécondité très faible. Car densité rurale forte et perception du problème par les populations.

Les corrélations entre fécondité et urbanisation sont visibles la plupart du temps au Pakistan : le différentiel entre la fécondité des campagnes et celle des villes y est en moyenne de 1,2 enfant par femme (3,7 en ville contre 4,9 à la campagne). Mais les provinces offrent des différences fortes. Le Balouchistan se signale par son évolution paradoxale : la fécondité s'accroit encore dans les villes (de 0,2 enfant par femme).




Quand les analphabètes ont en moyenne 4 enfants, elles en ont 5 quand elles sont musulmanes, 4 hindoues, 3,3 chrétiennes et sikhes. Si niveau d'instruction élevé 2,1. Mais 3 musulmanes, 1,7 chez les Sikhes.

Tout change selon les États : tout change selon qu'on est un musulman dans un État à grande majorité hindoue ou non. Les musulmanes ont deux fois plus d'enfants en Uttar Pradesh où fécondité reste élevée tandis qu'elles adoptent une fécondité plus faible au Tamil Nadu 2,5.



Au contraire de la Chine coercitive, l'Inde n'a pas réussi à stabiliser sa population : car forte inertie démo et demande limitée de contraception par les couples.

LE SEX RATIO, RÉVÉLATEUR DU STATUT DES FEMMES ? (cf aussi carte sur l'éducation, précédemment)

Disparités hommes-femmes :

Pakistan : 105 hommes/100 femmes. Chiffres qui s'expliquent par la faiblesse des soins dispensés aux jeunes filles et aux femmes pakistanaises. Cela explique aussi pourquoi l'espérance de vie des femmes est à peine plus élevée que celle des hommes.

En Inde déclin du ratio : 972 femmes pour 1000 hommes en 1911 mais seulement 933 en 2001 !

Mauvaise condition sanitaire des filles plus recours à l'infanticide (surtout au Tamilnadu et au Rajasthan).

Pratique de l'amniocentèse interdite depuis 1994 pour éviter les avortements de foetus-filles. Mais l'échographie fait toujours des ravages.

La carte suivante semble opposer nettement une Inde du Nord très masculine à une Inde du Sud plus équilibrée. De quoi alimenter l'idée que le Sud est plus avancé. Mais la pratique de l'infanticide des filles (foeticides féminins)au Tamilnadu combat cette idée.

La situation est plus complexe.

Ce n'est pas parce que les filles sont plus nombreuses que leur statut est plus enviable.

Bizarrement, les États où les femmes bénéficient d'une plus grande autonomie dans la famille (43% en Inde, les autres dépendant totalement de leur mari) sont :

Taux > 60% Himachal Pradesh, Pendjab, Haryana au NO, Arunachal Pradesh, Nagaland, Mizoram et Meghalaya au NE. Ainsi que Goa et Gujerat plus au Sud.

Taux entre 43 et 60% Karnataka Tamilna et Kerala au Sud, Sikkim, Manipur, Tripura au NE, Jammu-Kashmir au NO.

Quatre indices peuvent être utilisés pour mesurer la montée en puissance des femmes dans la société :

l'autonomie au sein de la famille (déjà évoquée)

la mobilité extérieure

l'absence de préférence maternelle pour les garçons

l'absence de justification de la violence familiale.

Delhi, Himachal Pradesh, Pendjab, Haryana et Bengale sont marqués par l'absence de préférence maternelle des genres.

Au NE, la préférence va même aux filles (même si le sex ratio est déséquilibré en leur défaveur)

Les État où les conditions sont les plus “en phase” avec les attentes d'un monde masculinisé sont :

les États du BIMARU où les femmes avouent leur préférence pour les garçons 26% au Rajasthan, 23% au Bihar, 20% en Uttar Pradesh, 19% au Madhya Pradesh.

ailleurs la préférence est peu affirmée mais existe quand même au Tamilnadu (4% seulement) et au Kerala (2%). Il est remarquable de ne jamais trouver le Kerala dans le “top five” des quatre indices malgré sa tradition matriarcale.

Remarquez aussi la présence de l'Haryana et du Pendjab dans les États où les mères s'attachent dorénavant autant à leurs filles qu'à leurs garçons. C'est un indice à rapprocher de l'évolution récente du sex-ratio local : la différence filles-garçons tend à diminuer rapidement dans la tranche d'âges de 0 à 6 ans.

Dans l'État d'Haryana, où le déséquilibre du ratio hommes/femmes est l'un des plus élevés, les jagriti mandalis ("forums d'éveil") remplissent la fonction de groupes féminins d'action sociale qui promeuvent les droits des filles. Ces groupes ont convaincu familles et médecins de ne pas pratiquer la sélection par le sexe.

Au Népal, séduites par des promesses mensongères d'un membre des jeunes filles quittent le pays pour se retrouver dans des maisons closes (à Kolkata notamment) (Inde). À raison de dix passes par jour, elles contractent facilement le VIH puis sont renvoyées au Népal, déprimées et prêtes au suicide. Elles sont maintenant reprises en mains grâce à une collaboration entre le Gouvernement népalais et l'Équipe de travail du système des Nations Unies contre le trafic des humains.

En résumé : ne simplifiez pas le trait. Des évolutions sont toujours possibles voire en cours. La situation des femmes est beaucoup plus complexe qu'il y paraît à première vue.



Au Bangladesh, le sex ratio est de 104 hommes pour 100 femmes. Les différences sont donc beaucoup moins marquées qu'en Inde (107,5). Moins encore qu'au Pakistan (106)

Le Népal a interdit l'avortement sélectif en 2002, au moment de la légalisation de l'avortement pour lutter contre la pratique trop répandue de l'avortement clandestin et de même contre la préférence masculine.

Nombre de femmes manquantes :

Bangladesh 1,8 à 3,7 millions

Pakistan : 2,6 à 4,9 millions

Inde : 27 à 39 millions

Ce classement montre la détérioration, de la situation du Bangladesh à celle de l'Inde
.

À Sri Lanka, l'action menée par l'UNICEF auprès des Liberation Tigers of Tamil Eelam a eu pour résultat de diminuer sensiblement le recrutement d'enfants





Derniers chiffres disponibles : dernier rapport du PNUD, fin novembre 2007.