CARTE SIMPLIFIÉE DES CLIMATS DANS LE MONDE INDIEN

PROGRESSION DE LA MOUSSON D'ÉTÉ SUR LE MONDE INDIEN
On remarque très nettement la poussée de l'alizé du Sud vers le Nord. Une poussée tardive par rapport à l'Asie du Sud-Est. L'explication réside dans la présence de l'obstacle himalayen, un môle qui bloque le jet stream sur son versant Sud jusqu'au début de l'été où, inopinément, le jet passe au Nord, soulevant le couvercle des hautes pressions et attirant enfin la mousson d'été. Les flux viennent alors de l'Ouest.
On peut repérer la progression plus rapide du front de mousson dans la déformation des lignes sur la plaine du Gange.

LES VENTS EN ALTITUDE : NIVEAU 300 mb - LE 24 05 2007
La circulation atmosphérique en altitude vient encore d'Ouest fin mai au Sud de l'Himalaya. Elle amorce un changement de direction vers le Nord à travers la chaîne. Le centre du Deccan connaît un temps encore calme : les vents y sont nuls. Le Nord-Ouest de l'Inde est soumis aux flux venus des régions semi-arides des confins du Thar. La chaleur est très forte. Le degré hygrométrique est faible.
Pourtant, à l'extrême Sud, sur l'Océan indien et le Golfe du Bengale, l'alizé austral a déjà traversé l'équateur. La mousson commence.
LES VENTS EN ALTITUDE : NIVEAU 300 mb - LE 29 06 2007
Le jet stream est passé au Nord du Karakoram et de l'Himalaya. Le couvercle qui empêchait toute ascendance thermique sur le sous-continent s'est soulevé. Les pressions se sont creusées. Le Nord-Ouest de l'Inde (sur le désert de Thar) subit les plus fortes ascendances. Avec la disparition de l'anticyclone, l'alizé austral est attiré dans l'hémisphère Nord. On voit nettement les flux s'inverser et venir de secteur Est sur le Deccan et l'ensemble des terres situées au Sud de la barrière montagneuse.

Le Bangladesh est particulièrement sensible aux pluies de mousson et aux typhons qui sévissent dans le Golfe du Bengale. Les inondations affectent alors une part impressionnante du pays. Voici leur extension en 1988.

LES INONDATIONS DE 1988 AU BANGLADESH

Les inondations ne sont évidemment pas uniquement liées aux précipitations locales même si, contrairement à l'Inde, le Bangladesh est soumis à des climats humides sur l'ensemble de son territoire.

PRÉCIPITATIONS ANNUELLES AU BANGLADESH (en millimètres)

LE CLIMAT DE L'ANDHRA PRADESH
L'étude du bilan de l'eau dans le bassin de la Godavari (fleuve de l'Andhra Pradesh qui débouche dans le Golfe du Bengale à 200 km au SO de Vishakapatnam) est un bon résumé des problèmes climatiques rencontrés sur le plateau du Deccan.

LE BILAN MENSUEL DE L'EAU DANS LE BASSIN DE LA GODAVARI
Le régime du fleuve est pluvial. On voit très bien le pic des précipitations de mousson qui surgit au mois de juin et s'épanouit en juillet. Mais le débit du fleuve ne monte qu'avec retard. Le maximum n'est atteint qu'au mois daoût. Si la montée est lente, c'est que les premières pluies de mousson commencent par recharger les nappes épuisées par des mois de saison sèche. Ce n'est que dans uns econd temps que l'écoulement l'emporte.
Remarquez le niveau à peu près stable de l'évaporation sur l'ensemble de l'année. Seule une petite baisse est perceptible pendant la saison des pluies (moindre rayonnement solaire sous les nuages).

LES CLIMATS DU SRI LANKA
Le Sri Lanka pourrait être assimilé à une Inde en miniature. Pratiquement tous les climats qui affectent l'Inde (à l'exception des climats montagnards de l'Himalaya) se retrouvent sur l'île. Au-dessous de 1000 mm de précipitations annuelles moyennes l'agriculture souffre de sécheresse pendant au moins une partie de l'année. Mais même entre 1000 et 1200 mm (voire 1500 mm) de moyenne, les années peuvent être sèches. Les variations interannuelles jouent alors un rôle primordial dans la quantité des récoltes. Les riziculteurs de la région d'Hambantota ne doivent leur salut qu'à la maîtrise de l'irrigation. Au Nord de l'île, abats d'eau relativement médiocres et terrains calcaires perméables se combinent pour accentuer le stress hydrique des plantes.
Le Sud-Ouest, montagneux et au vent de la mousson de Sud-Ouest plus chargée en eau que les vents d'Est, est la partie la plus arrosée de l'île.

LES PRÉCIPITATIONS AU SRI LANKA

Les climats du Pakistan sont aux confins des déserts, des montagnes et des derniers souffles de la mousson.
Les données sont consultables en bibliothèque (notamment celle de MétéoFrance). Il est plus difficile en revanche de retrouver des cartes climatiques du pays. La plus belle somme accessible date de 1906 (!) : c'est le Climatological Atlas of India de Sir John Eliot du Geographical Institute of Edimburgh. En reprenant ses cartes et en les adaptant aux données chiffrées des moyennes actuelles, on obtient une image assez fidèle des climats pakistanais ...
En voici quelques exemples choisis :

NOMBRE DE JOURS DE PLUIE AU PAKISTAN
On remarquera sur cette carte que l'Indus sert d'axe de symétrie à la répartition des jours de précipitations. Les cartes suivantes montreront que cette symétrie traduit le balancement des saisons ...

PAKISTAN : PRÉCIPITATIONS DE DÉCEMBRE À AVRIL (en mm)


PAKISTAN : PRÉCIPITATIONS DE MAI À NOVEMBRE (en mm)
On retrouve l'opposition Ouest-Est. Avec toutefois un net avantage à l'Est-Nord-Est quant aux abats d'eau. Alors qu'une station météorologique comme Quetta n'est jamais touchée par la mousson d'été et se trouve sous des vents de secteur Ouest mois après mois (les mois les plus secs étant ceux où les vents viennent de secteur Ouest-Nord-Ouest avec un effet de foehn qui accentue la sécheresse), Lahore bénéficie d'un climat totalement différent : le vent souffle préférentiellement du Nord-Ouest d'octobre à avril avant de passer au Nord-Nord-Est en mai et juin. Puis c'est la mousson et ses vents d'Est concentrés sur les mois de juillet, d'août et le début du mois de septembre.
Les totaux de précipitations sont alors très contrastés :
Lahore : 628 mm Quetta : 231 mm
Karachi : 168 mm Multan : 188 mm
Peshawar : 404 mm Muree : 1790 mm
Ces totaux de précipitations dessinent une fois de plus le schéma climatique du pays : Multan et Karachi reçoivent moins de 200 mm de précipitations dans la gouttière de l'Indus, axe de symétrie du Pakistan. Quetta reçoit plus de précipitations à l'Ouest, certes, mais bien moins que Lahore grâce aux pluies de mousson en été. Cette opposition Ouest-Est se retrouve enfin quand on compare Peshawar au pied de montagnes relativement sèches à Muree ( 50 km au Nord-Est d'Islamabad) dans ses massifs bien plus humides.
Une carte climatique des montagnes du Karakoram n'aurait aucune valeur à cette échelle. C'est pourquoi le massif apparaît en blanc sur chacun des documents qui précèdent. Les précipitations ont tendance à diminuer, surtout dans les fonds de vallées : Leh voit tomber 83 mm par an. 125 mm à Gilgit, mais seulement sur le versant le mieux exposé. En revanche, quand on monte, on atteint au bout d'un moment l'optimum des précipitations au desous de la zone sommitale avec une moyenne de 600 à 650 mm par an (toujours dans le massif de Gilgit).
Puisque les totaux de précipitations varient en fonction d'expositions multiples ainsi que de l'altitude, on a choisi de ne pas les représenter ici.

Les climats du monde indien sont aussi marqués par une irrégularité importante qui affectera directement les récoltes. Des régions à pluies normales côtoient des régions où la sécheresse sévit et d'autres où les pluies, trop abondantes, noient les récoltes. L'été 2007 n'a pas échappé à la règle comme le montre la carte suivante qui met en évidence l'écart des précipitations à la moyenne :

PRÉCIPITATIONS SUR LE MONDE INDIEN (JUIN-AOÛT 2007) : ÉCARTS À LA MOYENNE
Les pluies de la mousson 2007 ont été particulièrement faibles dans le centre du Deccan, notamment à la limite de l'Uttar et du Madhya Pradesh, ainsi que dans le Rajasthan. Les inondations du Bihar sont visiblement dues à des pluies plus fortes qu'à l'habitude (+50%) sur l'Himalaya. Ce sont les affluents de rive gauche du Gange qui ont apporté la désolation sur un État déjà malade.
Comparées à la première carte de ce billet, la carte précédente et celle des totaux de précipitations de 2007 montrent que l'Ouest et le Sud du Pakistan ont été touchés par des pluies très abondantes, exceptionnelles.


Enfin, les précipitations on été visiblement beaucoup plus concentrées sur les premiers mois de la mousson d'été. L'arrière-saison a été trop courte cette année sur la plus grande partie du Deccan et tout l'Ouest du monde indien. 2007 est une mauvaise année pour l'agriculture indienne.