LA PETITE INDUSTRIE DANS LA POPULATION ACTIVE DES ÉTATS ET TERRITOIRES INDIENS
La part de la petite industrie reste forte dans certains États indiens. Plus de 10% des actifs au Pendjab et au Kerala entre autres. L'exemple du Pendjab est révélateur de choix opérés dans les années 1950 et 1960. Dans les années 1950 et selon les préceptes de Gandhi, la petite industrie est encouragée dans les milieux ruraux pour ralentir voire tarir l'exode rural. L'enjeu est celui du maintien d'un équilibre entre villes et campagnes. La petite industrie manufacturière est alors subordonnée toutefois aux progrès de l'industrie lourde des grands pôles. Quand, dans les années 1960 et 1970, l'accent est mis sur l'agriculture et sur le développement rural dans la révolution verte (province du Pendjab alors nettement privilégiée) et dans un contexte de croissance démographique toujours forte, la petite industrie accompagne le développement en fournissant des activités complémentaires aux familles rurales dans la mesure de ses possibilités. Possibilités limitées par manque de modernisation le plus souvent, ce qui ne permet ni les gains de productivité ni les augmentations de salaires.
Depuis les années 1980 - 1990, la priorité donnée à l'efficacité, la performance, la modernité balaie le souci d'équité sociale et/ou spatiale ... Les petites industries qui ne se sont pas modernisées sont progressivement abandonnées à leur sort par un État qui ne les protège plus. Celles du Sud et de l'Ouest sont plutôt avantagées dans cette course à la compétition entre branches et entre territoires. Dans l'Uttar Pradesh, le textile tente de se moderniser autour de Lucknow et de Varanasi dans une période d'incertitudes marquée par la fin des AMF qui permet un essor des exportations mais aussi une compétition inégale avec les manufacturiers chinois ... En Inde, le tissage manuel emploie encore 12 millions de personnes : c'est le deuxième poste d'emploi après l'agriculture.
Cette carte révèle le poids économique et démographique encore très important de la petite industrie. Sa crise déséquilibrerait durablement la société indienne et aurait des répercussions politiques majeures. C'est donc un secteur clé pour l'avenir de l'Inde. Le Parti du Congrès l'a compris en infléchissant la politique de libéralisation et en promouvant des "districts industriels" liés à la petite industrie ainsi que les coopératives. On incite les producteurs privés à se regrouper au sein d'associations ou de consortiums pour jouer sur les économies d'échelle. Les États fédérés disposent de plus de pouvoirs pour développer des stratégies de modernisation. Le Tamil Nadu, où le textile est un secteur majeur, a entamé une telle politique en 1999 pour mieux négocier le virage de la fin des AMF. Outre les efforts d'information et de modernisation consentis par l'État, les coopératives locales de tissage concentrent leur stratégie sur la labellisation de leurs produits et l'identification dans la chaîne de distribution.

Comme vous vous en doutez, les technopôles (et surtout ceux qui produisent des lignes de logiciels au kilomètre) seront un morceau de choix dans l'étude de l'industrie indienne (mais il ne faudra pas oublier le Pakistan : je vous ferai découvrir quelques technopôles militaro-industriels qui seront le contrepoint des sites du voisin indien dorénavant mondialement connus).
Cette carte ne répertorie que les principaux technopôles.

LES GRANDS TECHNOPÔLES INDIENS (STPI)
Pourquoi seulement les principaux ? Parce qu'il ne se passe pas un mois sans qu'un État de l'Union Indienne n'en ouvre un nouveau pour tenter d'upgrader son tissu industriel. Ainsi, Dwarka, au Sud-Ouest de New-Delhi a été proposé le 25 mai 2007 pour abriter un nouveau technopôle voué aux nano et aux bio-technologies autour de l'ancien Delhi Institute of Technology : le Netaji Subhash Institute of Technology. En 2007, le Jharkhand ouvrait aussi trois nouveaux STPI après l'inauguration du premier de l'État à Ranchi en novembre 2006 : l'International Incubation Facility Centre. La géographie est donc extrêmement mouvante ces dernières années.
On pourra s'attarder sur des sites particuliers pour essayer de comprendre leurs logiques d'implantation :

LOGIQUES TECHNOPOLITAINES DE DELHI
L'étude de cette carte pourra nous apprendre beaucoup de choses sur les liens traditionnels qu'entretiennent les différents acteurs des technopôles ainsi que sur l'importance des transports à toutes les échelles ... Vous trouverez sur cette carte l'un des sept IIT du pays (Indian Institutes of Technology) : sachez d'ores et déjà qu'un étudiant indien qui rate son concours d'entrée dans un IIT peut obtenir une bourse d'étude à Stanford ou Princeton (voire au MIT). Le cas s'est déjà produit ! Vous pouvez toucher du doigt l'excellence de ces instituts et le principal problème du système scolaire indien : son élitisme excessif ...


LES ZONES INDUSTRIELLES DU PAKISTAN
Trop dispersées, les zones industrielles soulignent l'axe autoroutier de l'Indus. Celles du Balouchistan montrent un tropisme très prononcé vers Karachi.
La nouvelle politique industrielle met l'accent sur la promotion de quelques zones, les EPZ, déjà expérimentées avec constitution de joint ventures nombreuses. C'est la carte la plus représentative des dynamiques actuelles ...

"EXPORT PROCESSING ZONES" PAKISTANAISES
Beaucoup d'enseignements à tirer de la comparaison des deux cartes (ou de la lecture de la seconde seule). Une simplification est recherchée. Une meilleure efficacité doit venir de cette concentration. Les EPZ sont un élément de la politique d'aménagement du territoire pakistanais. Un rééquilibrage semble se faire au profit des provinces périphériques. Nous étudierons le Balouchistan avec attention : le tropisme vers Karachi est confirmé par la place accordée aux EPZ de la Hub et de Gadani. Cependant, c'est sur le destin de Gwadar, Reko Dek ou Saindak que nous nous arrêterons plus longtemps. Ces trois EPZ peuvent constituer dans le cours une bonne entrée en matière dans les relations économiques et diplomatiques avec le voisin chinois ...


LES EPZ DU BANGLADESH

Pour comprendre à quel point le Bangladesh regarde vers l'Inde et au-delà. Cette carte est à mettre en parallèle avec celle du transport aérien.