Nous sommes à Noirmoutier, petite plage de l'Anse Rouge, au Nord-Est de l'île ... Fin de journée. Le soleil commence à décliner. Que peut donc bien regarder un géographe ? ...


Pour bien comprendre ce qui anime immanquablement un géographe, approchons-nous un peu ... Un indice toutefois : un spécialiste de géographie physique s'intéresse forcément aux formes du terrain.

Ah ! Je vois que vous commencez à voir où je veux en venir !!!
Ces formes splendides ! Ce noir profond qui met si bien en valeur les couleurs plus chaudes qu'on ne rencontre que quand le temps s'ensoleille et que la pluie disparaît de l'horizon !
Bien entendu ... Waouh ! Elle est MA-GNI-FI-QUE !

Pardon mademoiselle ... Voulez-vous vous pousser ?
Voi-là !
Quelle magnifique coupe géologique dans la falaise !!!!

Faites juste abstraction des moisissures jaunes qui ne sont dues qu'à une humidité inhabituelle (l'été 2007 a été pour le moins pluvieux ...) et regardez les sédiments noirs qui se trouvent au pied de la falaise. Ils sont la marque d'un milieu particulier : la mangrove selon toute vraisemblance. Au début de l'éocène, cette partie de ce qui deviendra l'île de Noirmoutier est occupée par cette forêt littorale sous climat tropical et sous laquelle se déposent des boues riches en matière organique.
Puis, au dessus, la couleur noire disparaît. elle passe à des teintes plus chaudes, ocre-jaune. La matière organique n'est plus présente. Elle laisse la place à des sédiments uniquement minéraux. Des sables consolidés où on ne trouve plus trace de végétaux. C'est la marque du passage d'un climat tropical humide à un climat tropical sec. Quelques retours d'humidité se retrouvent un peu plus haut ...
Et si vous étiez un peu plus près des blocs de grés qui sont tombés au premier plan et sur lesquels avait pris pied la sportive que vous n'aviez sans doute pas remarquée (attirés que vous étiez par la splendide coupe géologique), vous auriez peut-être eu la chance de découvrir des traces fossiles d'araucarias ... Encore un indicateur merveilleux des climats du passé de l'île puisqu'on retrouve ces arbres (les "désespoirs des singes") dans des forêts chiliennes marquées par une relative sécheresse.
C'était donc la réponse à cette angoissante question : "que fait un prof de géo au bord de la mer ?".

PS : il existe une deuxième réponse : il recherche les modèles les plus esthétiques et les plus sportives de la plage et leur demande avec tact de faire l'échelle.