LES FORMES KARSTIQUES

vocabulaire adapté à notre espace métropolitain

Un karst se développe dans des séries calcaires massives voire dans des évaporites comme le gypse ou le sel gemme. Ce sont des formes de dissolution

1- Les lapiés

Ce sont des cavité superficielles de quelques décimètres voire mètres. La surface calcaire burinée est alors un lapiaz.Ils peuvent être linéaires, guidés par les diaclases. Quand les fissures ont une trame rectangulaire, ils définissent des tables de lapiés.

Ils peuvent être alvéolés. Dans les dolomies les cloisons des lapiés sont perforées du fait de la plus grande solubilité de la roche. Le relief est alors ruiniforme. Il combine des murailles, des arches, des pitons et des couloirs comme sur le Causse Noir, à Montpellier-le-Vieux

(ci-dessus : relief ruiniforme à Nîmes-le-Vieux. Feuille Meyrueis

2- Les dépressions fermées

Les dolines vont de quelques mètres à quelques centaines de mètres de diamètre.

(ci-dessus : Doline sur les plateaux jurassiens)

Coalescentes, ce sont des ouvalas

Dans les plateaux karstifiés leur répartition et leur organisation sont liées aux diaclases majeures (Jura), aux rebords de canyons (Gorges du Tarn).

Un poljé est une longue dépression fermée de dimensions kilométriques et de quelques centaines de mètres de profondeur. Le fond est d'autant plus plat qu'il est colmaté (comme dans toute cuvette de dissolution) par de l'argile de décalcification (terra rossa ).

De grandes buttes résiduelles subsistent : les hums



Plis, bassins d'angle de faille, fossés tectoniques, ensellements de voutes anticlinales sont des sites privilégiés. Les ruissellements occasionnent des inondations quand l'eau ne disparaît pas dans des puits appelés <strong><em>ponors</em></strong>. Le poljé de Lassiti (en Crête, où le vent souffle chaque jour et permet d'alimenter les moulins d'une irrigation de vieille tradition) est ainsi touché par des inondations saisonnières.

(ci-dessus : série d'ouvalas sur le Causse Noir)

Un aven est un gouffre aux parois subverticales en communication avec la surface par une ouverture étroite et s'évasant vers la base. Il conduit à un réseau de cavités souterraines.

3- Les cavités souterraines et vallées

Elles constituent des réseaux conditionnés par les plans de stratification, les joints, les diaclases et les fractures. Elles sont animées par une active circulation d'eau alors que l'écoulement superficiel se limite à quelques rivières encastrées dans des gorges.

Les moins importantes proviennent de sources débouchant au pied de bouts-du-monde terminant à l'amont de courtes reculées (Languedoc, Jura). Les plus abondantes sont allogènes et coulent au fond de canyons aux parois en surplomb, à abris-sous-roche. L'eau peut disparaître en aval (perte) et créer des vallées aveugles caractérisées par une contre-pente en aval du point d'absorption (exemple de la perte du Bonheur (tout un programme !) dans l'abîme de Bramabiau).

Les eaux souterraines peuvent émerger à la surface dans des résurgences quand il s'agit de rivières allogènes enfouies dans le karst. Ce sont des exurgences quand les rivières ont été créées à l'intérieur des galeries.

(ci-dessus : le canyon de la Jonte. Feuille de Meyrueis)

Toutes ces émergences sont dites sources vauclusiennes (vallées closes) quand elles sortent à fort débit par la branche remontante d'un siphon (exemple de la Sorgue).

La résurgence de Fontaine-de-Vaucluse après plusieurs années de sécheresse

La Sorgue, 200 m après la résurgence

(ci-dessus : Causses vus de l'Aigoual. Feuille Meyrueis) (Mont Aigoual ci-dessous)