AVERTISSEMENT :
Une charte graphique est quelquefois nécessaire pour rendre la carte plus lisible. Vous remarquerez que tout ce qui a trait aux phases de développement non durable sera représenté dans des tons chauds (du jaune au rouge), petit clin d'oeil assez transparent au problème du réchauffement climatique. La pollution atmosphérique (via les rejets de CO2) utilisera une palette de gris et de noir pour coller une fois de plus à l'idée d'échappements et de fumées. En revanche, tout ce qui aura un rapport avec des politiques de développement durable ou de protection de l'environnement puisera dans la palette des verts (écologie oblige) ou des bleus (raffraichissement oblige ...).
Ayez toujours en tête que les couleurs peuvent avoir une signification. Choisissez-les à dess(e)in.

La carte nécessite une perspective historique. Deux modèles ont été conquérants dans le temps : le modèle soviétique adopté en partie par l'Inde dès la période Nehru et totalement par la Chine à partir de 1949.
La première carte montre la conquête du modèle collectiviste. Un modèle qui privilégie l'industrie lourde (à des degrés divers : l'Inde n'a pas négligé son agriculture et se lance dans la révolution verte dès les années 1960 par exemple) et aboutit à des impasses écologiques dans les espaces de combinats, ainsi qu'à un développement en trompe-l'oeil le plus souvent.

CONQUÊTE D'UN MODÈLE À FORTE INTENSIVITÉ ÉNERGÉTIQUE
LE MODÈLE SOCIALISTE
Puis, à partir des années 1960, et par vagues, représentées par cercles concentriques et selon un code de couleurs en dégradé de l'orange vif au jaune pâle, vient le deuxième modèle, venu du Japon de la Haute Croissance qui fait de l'industrie et de la remontée des filières un support majeur de développement. Le vol d'oies sauvages est aussi une expansion spatiale d'un modèle encore une fois néfaste à l'environnement (Minamata en 1968 au Japon en étant le symbole ultime)

LES ESPACES DU "VOL D'OIES SAUVAGES"
ET LA MONTÉE EN PUISSANCE DE L'IPE
En suivant cette perspective historique, on peut dériver sur les résultats du développement en termes de rejet de CO2 dans l'atmosphère. On verra ainsi quels pays respectent ou non les recommandations du Protocole de Kyoto. Seuls les pays développés ont ratifié le protocole avec engagements à la clé. Les autres l'ont ratifié sans avoir à limiter leurs rejets (c'était l'un des enjeux de Bali : amener cette catégorie de pays à respecter des objectifs chiffrés ...). Les plus gros émetteurs sont représentés par des carrés dont la surface est proportionnelle aux émissions nationales. La couleur indique l'évolution des rejets de 1990 à 2004 : noir > +100%, gris entre +50% et +100%, gris clair de 0 à 50% (évolution plus modérée (+12% au Japon par exemple), blanc = réduction des rejets. Les pays représentés s'échelonnent de 48 millions de tonnes pour Singapour à 4769 millions pour la Chine ...
Notez les niveaux de la Corée du Nord, des Philippines et du Vietnam, très proches en 2004 (environ 77 millions de tonnes) mais avec des trajectoires très contrastées : explosion des rejets au Vietnam (triplement en 14 ans), progression ralentie aux Philippines et chute en Corée du Nord. Notez aussi la proximité des chiffres du Japon et de l'Inde en 2004 autour d'1,3 milliard de tonnes, soit 3,6 fois moins que la Chine.

ÉVOLUTION DES ÉMISSIONS NATIONALES DE CO2 DEPUIS 1990
Les plus petits émetteurs ne sont pas représentés par souci de lisibilité :
Bangladesh 34 millions de tonnes, Sri Lanka 10 millions de tonnes, Myanmar 9,5 millions, Mongolie 7,97 millions, Népal 2,95 millions, Laos 1,3 million de tonnes, Cambodge 534 000 tonnes, Bhoutan 384 000 tonnes ...
Vous remarquerez aussi que le poids relatif des deux modèles historiques a été rééquilibré dans le traitement graphique au profit de celui du Japon puisque ce dernier a joué un rôle certain dans la transition vers une autre forme d'économie (en introduisant par exemple la notion du "juste à temps", des flux tendus etc ...)

L'industrie n'est pas tout : l'environnement souffre aussi pour d'autres raisons. Des pays à forte croissance démographique épuisent leurs terres agricoles à coup de pesticides dans la révolution verte (cf Pendjab à la frontière Pakistan-Inde, Sichuan en Chine ou plateau Korat en Thaïlande) ou de surexploitation et de recours massif à l'irrigation qui entraine une salinisation des terres (dans l'Est chinois par exemple ou dans le Gujerat, le Rajasthan et le Sind, toujours à la frontière entre Pakistan et Inde).

ZONES DE FORTE DÉGRADATION DES TERRES AGRICOLES (en brun ou brun-rouge selon leur position par rapport aux cercles du modèle socialiste)
Ajoutez à cela la pression sur la ressource forestière : la disparition des forêts est rapide mais ... pas forcément où on l'attend. La Chine n'est plus tellement touchée par ce phénomène (si ce n'est dans la vallée de l'Amour). Le problème se concentre sur l'Asie du Sud-Est : Indonésie dans ses grandes îles extérieures (il n'y a déjà presque plus de forêts à Java), et surtout l'ASE continentale où la déforestation est particulièrement forte sur les espaces nationaux périphériques : Vietnam-Laos-Cambodge et surtout sur les frontières du Myanmar (où les forêts de tecks disparaissent rapidement et où la lutte contre les minorités orchestrée par la junte au pouvoir se traduit par le déboisement pour couper à la fois des arbres et toute possibilité d'abris pour les populations locales suspectées de rebellion ...)

ZONES DE DÉFORESTATION MASSIVE
Mais tout n'est pas négatif dans l'évolution de l'environnement car les deux Chine et le Japon connaissent un même processus de reboisement. Considérés comme des "puits à carbone", ces nouveaux espaces forestiers seraient une bonne nouvelle pour le développement durable de ces pays s'ils n'étaient aussi le signe d'un déséquilibre essentiel qui oppose de plus en plus nettement des espaces périphériques délaissés (pourtour septentrional de la Mandchourie par exemple ou Japon de l'envers) (regardez l'opposition nette entre le Nord et le Sud de Shikoku) aux espaces polarisés où se joue l'alternative entre développement simple et développement durable ... Évidemment, les espaces où les forêts progressent sont représentés en vert ... Et l'on voit nettement Japon, Chine et Taïwan s'opposer à l'Asie du Sud-Est ainsi qu'au monde indien.

PROGRESSION DES FORÊTS EN ASIE ORIENTALE
Et on brûle les étapes pour la dernière ...

CARTE DE SYNTHÈSE
(Plus ou moins ...)(Au fait, j'ai éclairci le modèle socialiste pour qu'il n'attire plus autant l'oeil : erreur grossière sur les premières cartes ...)
Dans la série "on ne comprend plus rien" ... La carte devient presque illisible. Je sais ... Mais si on garde toujours en mémoire la charte graphique, on peut s'y retrouver encore.
Les principales métropoles sont indiquées : en bleu, celles de l'initiative Clinton (Bill a enfin fait siennes les idées de son vice-président ... Vous savez : "l'ex-futur président des États-Unis" comme il aime à se définir au début de ses conférences ...). Puis dans un dégradé violet qui va vers le sombre (n'oubliez pas que le violet mélange une couleur chaude avec une couleur froide) un classement des villes non pas par rapport à leurs émissions polluantes actuelles mais par rapport aux perspectives de la pollution compte tenu de leur densité (la pollution augmentant, via les transports individuels, quand la densité baisse). Les villes chinoises partent alors avec un handicap alarmant, à l'exception d'une ville comme Hong-Kong. Dans ce sens, les villes indiennes sont moins préoccupantes, eu égard à leur plus forte densité.
La voie des nouvelles technologies (NT) est évidemment défrichée pour amoindrir l'atteinte à l'environnement et permettre d'installer le développement dans la durée pour améliorer les conditions de vie des générations futures. Les pays engagés dans cette voie sont répertoriés selon leurs engagements.
Cependant, ces dispositions sont souvent de pure façade quand des investisseurs vont exporter leur pollution, essentiellement en Chine continentale, l'atelier du monde. Les flux d'IDE sont, le plus souvent aussi, des flux de pollution.
À ce titre, le Partenariat Asie-Pacifique pour un Développement Propre et pour le Climat (trois pays entourés de bleu foncé et en partie colorés en bleu clair auxquels il faudrait ajouter les États-Unis et l'Australie d'avant le basculement électoral de 2007) ressemble fort à un faux-nez mis par des pays qui veulent échapper aux réglementations impératives qu'il était question de mettre en place à Bali ...
Les flèches ascendantes qui partent des carrés de la Chine et de l'Inde montrent l'évolution prévisible des rejets des deux économies (à un moindre degré pour l'Inde, d'où la couleur plus claire ...) qui sont déjà les deux premières émettrices d'Asie et sont appelées à aggraver leur pression sur la ressource dans les années à venir.
Dans ces conditions, quand les États sont défaillants, c'est à des initiatives privées ou reposant sur des collectivités locales (commes des municipalités : cf initiative Clinton) ou à la pression internationale qu'il faut se raccrocher pour retrouver des raisons d'espérer.
Pour parachever la carte, il faudrait indiquer (en bleu clair) les avancées que sont Aïchi (exposition universelle sponsorisée en 2005 par Toyota), la ville verte de Dongtan en 2010 au Nord de Shanghai, la conférence de Bali ...
ALLEZ ... BONNE ANNÉE ...