Première étape : quelques éléments indispensables
Puisque le sujet portait sur "l'industrie en Inde et en Chine face à la globalisation", il ne fallait surtout pas oublier de porter sur vos cartes les quatre bourses locales soit, dans l'ordre décroissant de leurs capitalisations : Hong-Kong, Shanghai, Shenzhen et Bombay Stock exchanges.
Elles sont représentées par leurs acronymes respectifs et sous forme de colonnes proportionnelles à leurs capitalisations boursières. Ce sont de plus en plus des points d'entrée privilégiés des investissements qui se dirigent (entre autres) vers les groupes industriels nationaux. Les oublier vous exposait à de graves déconvenues ...
Toujours dans le sens de cette dimension financière, les ZES devaient être indiquées puisqu'elles concentrent une partie conséquente des IDE. Elles sont ici indiquées sous formes de carrés verts entourés de rouge de tailles variées pour donner à voir l'ampleur de leurs activités. Les petits ronds verts représentent, dans le même ordre d'idée, les ports ouverts aux investisseurs étrangers en 1985. En hachures vertes (et verticales), les zones économiques ouvertes créées en 1987.
Dans cette première étape de l'élaboration de la carte, le vert est intimement lié aux flux de capitaux.
L'industrie produisant dans un contexte de mondialisation et d'échanges physiques, une autre couleur a été choisie pour exprimer les échanges maritimes par lesquels passe la majeure partie des exportations et importations. Il faut impérativement hiérarchiser les flux. Je vous propose cette forme de représentation (cercles bleus proportionnels aux trafics portuaires limités à l'espace maritime pour ne pas surcharger les surfaces continentales) pour réserver l'usage des flèches à des trafics spécifiques.
Enfin, les deux pays sont aussi des espaces de consommation : leurs industries sont aussi destinées à des marchés intérieurs qui peuvent d'ailleurs leur servir de base de lancement avant d'exporter vers d'autres pays ou encore de marchés pour des industries délocalisées. Je leur ai réservé un autre code couleur : le rouge en l'occurence, pour les distinguer des éléments précédents et leur donner une autre dimension. Une fois de plus : pensez toujours à établir une hiérarchie des symboles ainsi que des caractères (autre problème rencontré sur la plupart de vos cartes).


Work in progress :
(Petit ajout sur le thème de l'ouverture : les "Deltas" ouverts en Chine à partir de 1985, comme les ports et non représentés sur la carte précédente, envoyée trop tôt)

Dans la compétition mondiale, il est évident que l'industrie de ces pays doit aussi jouer sur la technologie pour attirer les IDE : les technopôles doivent donc être indiqués. On leur réserve une couleur particulière : celle du dynamisme industriel qui sera représenté par l'orange. Le technopôle (cercle orange entouré de blanc) est générateur de flux de capitaux, certes, mais bien plus encore, enjeu essentiel pour aboutir un jour à une industrie de masse, seule susceptible d'absorber les bataillons de travailleurs venus de l'exode rural et des restructurations de bastions industriels obsolètes. Sans les nouvelles technologies et leur maîtrise, les pays émergents ne peuvent prétendre se doter d'une industrie développée. Ils seraient alors condamnés à n'être que des États ateliers à usines tournevis et "footloose" ... Les technopôles sont évidemment l'un des principaux atouts de l'Inde dans ce combat planétaire. Mais il ne faut pas oublier les technopôles chinois qui tentent de rattraper leur retard. N'oubliez pas de les hiérarchiser une fois de plus.
Les principaux technopôles chinois se répartissent de la façon suivante :
Pékin : 5
Shanghai : 3 auxquels on peut adjoindre ceux de Nankin et de Zhenjiang (dans le Sud du Jiangzu), tous deux représentés sur la carte
La Rivière des Perles en compte aussi 3 avec ceux de Hong Kong, Shenzhen et Macao.
L'intérieur de la Chine, en revanche, est plus pauvre puisqu'un seul technopôle d'importance s'y trouve établi, celui de Zhengzhou (dans le Henan), qui figure sur la carte, sur l'axe Nord-Sud du Jingjiu.

Enfin, on peut souligner le dynamisme économique des principales régions qui concentrent l'essor industriel.


Une bonne appréciation des flux d'IDE était nécessaire pour confirmer le rôle important dévolu à la sphère financière dans le contexte de la globalisation (flèches vertes). On remarquera l'importance des flux transitant par Hong Kong (32 Mds de $ en repartent, essentiellement vers la Chine continentale d'ailleurs, et qui sont en bonne partie comptabilisés dans les 72,4 mds de $ totalisés en 2005). Les deux États entretiennent des liens financiers encore embryonnaires comme l'atteste la faiblesse des échanges d'IDE en 2005 (flèches en tirets par dessus le Népal).
Ces IDE étant essentiels pour un développement harmonieux de l'industrie, il faut les attirer en offrant les meilleurs environnements possibles. D'où l'effort sur les infrastructures, notamment de transport. Les autoroutes, quasi inconnues en Chine avant 1993, doivent former un réseau de 85 000 km en 2030 dans le dernier plan adopté en Chine. La Chine aurait alors, à terme, un réseau autoroutier équivalent à celui des "Interstates Highways" américaines ... (En ces temps de réchauffement climatique et de lutte contre l'effet de serre, on en a froid dans le dos ... enfin ... si c'est encore possible ...)En Inde, l'État fédéral met les bouchées doubles pour achever le Quadrilatère d'or. La forme du quadrilatère montre que l'Inde ne cherche pas à développer un centre au détriment du reste du territoire. En revanche, le réseau chinois est nettement centré sur Pékin, induisant un second déséquilibre, après celui qui oppose la côte au reste du pays.
C'est pour lutter contre ce déséquilibre fondamental que l'axe du Jingjiu est en cours de réalisation entre Pékin et Shenzhen (en noir sur la carte).
Tous ces éléments montrent comment les deux États tentent de diriger le développement industriel en fonction des règles de la mondialisation-globalisation. Cependant une partie de leurs industries ne peut échapper à des désordres liés à cette ouverture :
restructuration nécessaire de la Mandchourie aux industries lourdes dépassées (en hachures marron : couleur réservée aux transitions problématiques)
petites industries rurales défaillantes (tirets marron) de l'Inde. Notamment les industries textiles des campagnes qui souffrent de la concurrence chinoise depuis la fin des AMF au contraire de l'industrie textile des villes, des grands groupes et des PMI indiennes qui tirent leur épingle du jeu en investissant dans la modernisation de l'outil de travail et dans les gains de productivité, ce qui explique une augmentation de 12% des ventes de textiles indiens vers les EU début 2006 quand le bond des exportations chinoises atteignait 30%.