LE JURA

D’une altitude moyenne modérée (660 m), le Jura tire son caractère montagnard de son climat (hivers longs et froids avec des précipitations fortes et une abondante couverture neigeuse) plus que de son relief. Cette moyenne montagne est très arrosée et, surtout, durablement enneigée.

L’organisation topographique du Jura met en évidence trois unités de relief d’est en ouest. Le Jura oriental ou Haut-Jura est le Jura plissé, celui des hautes crêtes : c’est le Jura interne. Le Jura central est une succession de plateaux. Enfin, le Jura occidental est un faisceau de plis chevauchant la plaine de la Bresse et limité par un talus raide. Ce dernier est accidenté par quelques vallées aveugles, les reculées. Le Jura central et le Jura occidental forment le Jura externe. Enfin, il faut distinguer le Jura septentrional du Jura méridional. Du nord de Montbéliard jusqu’à la Haute-Saône, le Jura septentrional est caractérisé par des plateaux pré-jurassiens et des collines tandis que le Jura méridional, le Bugey, se caractérise par la juxtaposition directe du Jura « plissé » oriental et du faisceau plissé occidental.

Pour mémoire : la structure du Jura est issue d'une longue histoire tectonique qu'on peut résumer en quelques périodes simples :

Un soulèvement qui affecte d'abord l'Ouest et débouche sur l'établissement d'une surface d'aplanissement qui érode essentiellement l'ouest (cet épisode initial a pour conséquence d'exhumer des couches plus anciennes et notamment le trias salin qui aura un double rôle par la suite : tectonique en servant de « roche savon » sur laquelle les roches vont glisser sur la Bresse, humain en rendant possible l'exploitation du sel).

Un deuxième soulèvement affecte à l'époque de l'orogénèse alpine (mais aussi avant) l'Est plutôt que l'Ouest dans une tectonique de plis (coffrés car générés surtout par des jeux de fossés tectoniques et de « horst » dans le socle profond : les roches sédimentaires épousent ces jeux profonds et se plissent) (cf un peu plus bas : traces de la tectonique dans le Jura interne).

Un double basculement a donc eu lieu au cours de l'ère tertiaire (à partir de la fin du secondaire) : la proximité de l'édifice alpin et la date tardive des mouvements de l'Est expliquent le style du relief et son altitude à l'intérieur de l'arc jurassien.

Le centre, affecté par l'érosion contemporaine de la première phase d'orogénèse, est le domaine des plateaux.

L'Ouest est plus tourmenté du fait de la tectonique plus forte qui l'a affecté au début de l'édification du Jura ainsi qu'à cause des vastes chevauchements rendus possibles par la présence du trias salin quand les mouvements de compression sont venus de l'Est (phase de tectonique contemporaine de celle des Alpes).


Au Quaternaire, le Jura a été fortement englacé au Riss et au Würm, au nord par la descente des glaciers formés sur les Vosges empruntant la trouée de Belfort et le sillon du Doubs, au centre par son propre englacement, et au sud par la combinaison de son englacement et des apports alpins. Les vallées ont alors canalisé les glaces qui les ont localement surcreusées. Un crypto-karst original en est issu et toutes les formes de karst sont représentées (poljés, reculées, sources vauclusiennes, résurgences).

Les mots Jura et Joux dériveraient de juria, signifiant forêt en latin tardif. Le Jura est une montagne forestière. De nos jours, les forêts communales (50%) sont gérées par l’Office national des forêts (ONF). Certaines d’entre elles, comme la forêt de la Joux, étaient la propriété des princes de Chalon puis, sous Louis XIV, elles ont été intégrées au domaine royal. Elles servaient alors pour les besoins des salines royales du Jura saunier. Cette mise en valeur généra une bonne sélection des futaies1, poursuivie par l’ONF ce qui explique aujourd’hui la présence d’espèces pluri-centenaires notamment dans la futaie de La Glacière. Cette sélection séculaire des résineux a conduit l’ONF à récolter, à sécher les graines et à commercialiser les semis qui en sont issus. La forêt soutient donc la vie rurale.

L'un des paysages les plus caractéristiques du Jura est le pré-bois. Paysage qui tire sa spécificité de l'usage agropastoral. Le coeur des finages est dépourvu de forêts. Mais plus on s'approche des marges, plus les arbres le disputent aux pâturages. Les prés sont en effet piquetés d'arbres, isolés puis en bouquets : ils préfigurent la forêt qui règne sur les versants et en périphérie.

PRÉS-BOIS À "LA CHAPELLE DES BOIS"

En fin d'été les troupeaux sont envoyés sur ces « pré-bois » pour permettre aux exploitants de faucher les prairies du centre en prévision de l'hiver toujours neigeux. C'est la durée de l'hiver qui est donc à l'origine de ce paysage de transition gagné sur la forêt. Une chance pour les communes des plateaux qui offrent ainsi des pistes de ski de fond plus agréables : les perspectives sont changeantes grâce à ces successions de bosquets qui modifient en permanence le paysage.


Les deux photos présentent un calcaire jurassique (évidemment !) redressé à la verticale et sur lequel sont nettement visibles des traces de pattes de dinosaures de type sauropode (famille des apatosaures et autres diplodocus) laissées dans une boue carbonatée dans un paysage de marécage. Le vacancier donne l'échelle.




Montée de Coisia vers la D109, département du Jura.

Et pour finir : quelques images de la capitale économique du Jura avec ses plastiques et ses jouets (pour vous éviter le détour assez peu touristique ...) Welcome in the Plastics valley !

Le siège des jouets Berchet !!


Et une évolution de site industriel : du sanitaire aux jeux et aux jetons en plastique