Le marché de la bière est en effet en effervescence ... Après le rachat de Scottish and Newcastle par Heineken (et Carlsberg) en janvier dernier, c'est au tour du groupe InBev (Belgique et Brésil), 1er mondial, de tenter l'achat du numéro 4 mondial : Anheuser-Busch (à ne pas confondre avec Another Bush : 8 ans de malheur, ça suffit), le groupe américain propriétaire de Budweiser mais aussi de Corona et de Tsingtao. SabMiller (américano-sud africain) reste deuxième et Heineken 3ème.

Les 4 premiers mondiaux se partagent 80% du marché de la bière !!! Si on veut trouver des bonnes illustrations de la mondialisation, ce n'est finalement pas chez les pétroliers qu'il faut aller les chercher, ni (encore moins d'ailleurs) dans la sidérurgie mais bien dans la bière !

La planète en consomme 1,76 Milliard d'hectolitres en une année. (Tiens ? Je ne savais pas qu'il y avait autant de supporteurs de foot à travers le monde ...)

Si les grands groupes dominent, c'est en grande partie à cause de la faible progression de la consommation occidentale ces dernières années. Dans un marché qui ne progressait plus assez, on s'est mis à rechercher un autre type de croissance (externe) par fusion, prise de contrôle, rachat.

Aux États-Unis on ne peut plus compter que sur les femmes pour soutenir la progression de la consommation grâce à des bières allégées (en calories) (au pays des obèses, les alcooliques maigres sont reines et désespérées). En Europe, on ne compte plus sur personne. (En France, après l'élimination prochaine de l'équipe de rêve que la FFF a envoyée en Suisse, les ventes vont même s'écrouler). La consommation est appelée à baisser de 0,5% d'ici 2012. Et pourtant ... que de compétitions sportives sont organisées pour faire redémarrer les ventes devant les petits écrans ...

Aussi, dorénavant, c'est vers les pays de l'Est, l'Asie (+51% prévus d'ici 2012) et l'Amérique latine que se tournent nos quatre soeurs de l'alcool à base d'orge.

Que de chemin parcouru depuis les monastères du moyen-âge, quand seuls les moines avaient le droit de brasser, quand Hildegarde de Bingen, abbesse du XIIème siècle, mettait en évidence les propriétés du houblon pour combattre les fermentations parasites et améliorer la conservation.

Depuis, tout a changé : au XIVème siècle, les bières peuvent être brassées en dehors du clergé régulier.

Pire ... dorénavant, les bières d'abbayes ont été rachetées par des entreprises qui, au mieux, ont racheté les recettes ou, au pire, font n'importe quoi ...

Dorénavant, seule la taille compte pour affronter le marché mondial. Brasser de la bière est rémunérateur si on sait brasser d'abord de l'argent.

Heineken contre Kronenbourg : la France n'avait aucune chance ...

Europe contre Guiness, le traité de Lisbonne n'avait aucune chance.