Une certaine parenté entre l'économie américaine et l'économie britannique (la plus touchée d'Europe par le dégonflement de la bulle immobilière avec l'Espagne).

Ces courbes et diagrammes montrent un système de santé et de sécurité sociale totalement inefficace. Des dépenses de santé maximales pour un résultat qui décroche par rapport aux autres pays de l'OCDE. L'espérance de vie des États-Unis progresse lentement : 2 ans en 15 ans quand la France et l'Allemagne partagent une progression de près de 4 ans (et plus de 3 pour le Royaume-Uni où les dépenses de santé dans le PIB attignaient 8.3% en 2006).

Les États-Unis ont eu tendance à devenir depuis les années Reagan un pays de plus en plus inégalitaire :

Le coefficient de Gini des ÉTats-Unis est même plus élevé que celui des pays du Maghreb ! Les chiffres des EU étant comprabales à ceux de la Chine (qui n'est plus, et de loin, celle de Mao ...).

Le coefficient de Gini est compris théoriquement entre 0 et 1. 0 représenterait une société absolument égalitaire. 1 représenterait une société dans laquelle une personne possèderait toutes les richesses au détriment de tous les autres.

Avant la crise de 2008, les États-Unis réussissaient le tour de force d'être redevenus plus inégalitaires qu'avant la crise de 1929, oubliant ainsi l'analyse et les préceptes de Marriner Stoddard Eccles, ancien président de la FED sous Roosevelt et Truman.

On voit nettement l'impact des mesures de l'administration Kennedy-Johnson. De près de 40 millions en 1960, le nombre de pauvres chute à 22.9 millions en 1973 avant la crise. Les années Reagan sont l'antithèse des années Kennedy-Johnson : la pauvreté remonte à 35.3 millions en 1983. La politique n'est plus sociale. La redistribution est en grande partie abandonnée . On compte sur la croissance pour pour aboutir à une amélioration des conditions de vie des déshérités. Il est vrai que la pauvreté régresse sur la fin des mandats Reagan. Mais elle reste quand même plus forte qu'auparavant que ce soit en nombre absolu (31.5 millions en 1989) qu'en pourcentage (12.8%).

Les États-Unis se sont convertis au libéralisme et au retrait de l'État et de la redistribution. Par la suite, les crises se traduisent toujours par une remontée rapide de la pauvreté (on atteint 39.2 millions en 1993) puis une baisse lente de celle-ci (31.5 millions en 2000). La dissymétrie même des rythmes montre le problème de l'idéologie appliquée aux États-Unis. Si sur le long terme progression et régression de la pauvreté s'équilibrent. Sur le plan chronomogique, ce sont toujours les phases de dérapage de la pauvreté qui l'emportent : le système crée plus facilement des pauvres qu'il n'en supprime ...

En 2007 le nombre de pauvres s'établit à 37.776 millions soit 12.5% de la population américaine. Mais la crise de 2008 ne peut que faire exploser ce chiffre. Après le deuxième choc pétrolier par exemple, le nombre avait cru de plus de 9 millions de personnes, passant de 26 millions à 35.3 millions ... Cependant l'arrivée d'une nouvelle administration plus interventionniste évitera peut-être un dérapage aussi calamiteux.

Il est heureux qu'une partie de la population échappe aux statistiques en étant placée hors du champ de la consommation : il s'agit de la population carcérale. Les États-Unis comptaient 2.319 millions de prisonniers au début de l'année 2008, soit un prisonnier pour 99.1 adultes ! record à la fois en nombre et en chiffres relatifs. Même la Chine ou l'Inde, pays du milliard, n'ont pas autant de prisonniers que les États-Unis. Derrière les États-Unis (750 emprisonnés pour 100 000 habitants, on trouve des États aussi démocratiques que la Russie (628), la Biélorussie (426), la Géorgie (401) et l'Ukraine (345). On estime que la mise en place d'un régime de plus en plus carcéral a permis de diminuer de deux points le niveau du chômage dans les années Reagan. La mise en place d'une idéologie "Tolérance Zéro" sous les administrations républicaines ou sous un Congrès à majorité conservatrice (de type néo-cons) n'a fait qu'ancrer le processus dans la durée.

Ajoutez à cela que, France mise à part puisque le soutien public à la R&D atteint 38.4%, ce sont les États-Unis qui voient la plus massive intervention de l'État avec 29.3% du total, devant l'Allemagne 28.4%. Il ne faut toutefois pas surestimer (hélas) l'effort français du fait d'une mauvaise articulation entre public et privé, ce qui n'est pas le cas aux États-Unis ... Malgré l'effort japonais (3.32 % contre 2.62 % du PIB), la R&D japonaise est 2.8 fois moins importante que celle des EU décidément sur une autre planète ...