L'ARMATURE URBAINE DE L'AMÉRIQUE LATINE

Une première carte sur l'armature urbaine de l'Amérique latine (en fonction de la taille des agglomérations) (Il manque un nom : Porto Alegre au Sud du Brésil). AXES TERRESTRES PRINCIPAUX ET GRANDES RÉGIONS INDUSTRIELLES EN AMÉRIQUE LATINE

La même carte avec les principales voies de communication. Vous remarquerez une certaine propension à suivre les côtes (le plus bel exemple étant celui de la Panaméricaine, le long de la façade Pacifique). Pourtant il existe déjà des réseaux (en étoile et toile d'araignée sur un demi-cercle à l'Ouest de Buenos Aires, le réseau du Sud- Sudeste brésilien, l'étoile de transports autour de Mexico qui se résume en un faisceau de pénétrantes vers le Nord et la frontière des EU. Il existe aussi des indices d'intégration régionale avec les routes transfrontalières comme le prolongement de la Transamazonienne vers le Pérou, le corridor Buenos-Aires - Mendoza - Santiago du Chili, Buenos-Aires - La Paz - Lima, ainsi que Quito - Bogota - Caracas. Cette carte ajoute les principales régions industrielles (en orange). TRANSPORTS TERRESTRES ET MARITIMES EN AMÉRIQUE LATINE

Cette fois j'ajoute les ports : on voit nettement la puissance des ports brésiliens dont plusieurs dépassent les 100 millions de tonnes, ce qui n'est la cas nulle part ailleurs en Amérique latine. Deuxième façade portuaire importante : le Golfe du Mexique avec Altamira (au Nord de Tampico, région pétrolière) et Veracruz, le port traditionnel de Mexico au bout du "Camino Real". Avec Manzanillo et Lazaro Cardenas, sur la façade Pacifique (vous connaissez Lazaro Cardenas puisque cela fait bien trois fois que je vous en parle en cours), ces quatre ports concentrent 60% de tout le trafic portuaire national. Les autres ports latino américains paraissent plus négligeables (même Buenos Aires n'est pas à la hauteur des attentes avec moins de 15 millions de tonnes échangées !) et sont souvent spécialisés (comme Itaqui et Tubarao d'ailleurs qui sont spécialisés dans l'exportation de minerais tandis que Paranagua l'est dans les céréales et le soja) : les ports de San Nicolas, Antofagasta, Huasco et Guayacan exportent des minerais.

LES GISEMENTS D'HYDROCARBURES EN AMÉRIQUE LATINE

Hydrocarbures. Tous confondus. Mais il faut savoir que le gaz domine en Bolivie ainsi que dans les gisements de l'extrême sud. Ailleurs, c'est généralement le pétrole, que ce soit dans les gisements de Maracaibo au Venezuela, dans le Golfe du Mexique ou dans le nouveau gisement géant découvert au large de Rio. Ne pas oublier, dans l'Est du Venezuela, les gisements du Bas-Orénoque, célèbres pour le bras de fer qui y a opposé Hugo Chavez et les compagnies pétrolières occidentales (dont Total) et où les hydrocarbures sont de type pétrole lourd. (J'ai élargi la région industrielle de Sao Paulo, Rio, Belo Horizonte et Curitiba pour mieux respecter la hiérarchie sur le plan graphique). HYDROCARBURES ET MINES EN AMÉRIQUE LATINE

Les mines entrant dans les cycles de structuration des espaces (dans une économie périphérique par rapport aux centres industriels des PDEM), il est bon de savoir à peu près les replacer. Dans le Minas Gerais brésilien, dans le bassin amazonien, le long des côtes Pacifique (le Nord du Chili est le domaine du cuivre), le Nord du Mexique (ce sont les mines qui ont fixé avec l'élevage extensif les voies ferrées Sud-Nord). LES GRANDES CULTURES COMMERCIALES EN AMÉRIQUE LATINE

Autre aspect essentiel de la géographie de l'Amérique latine : l'inscription de son agriculture dans les échanges commerciaux. En jaune, vous reconnaissez l'agriculture moderne, intensive et tournée vers les grands marchés urbains et/ou internationaux. La ceinture du soja progresse vers le Nord du Brésil (dans le Mato Grosso notamment). Au Nord du Mexique sont représentés les terroirs irrigués des cultures fruitières et légumières à destination du marché états-unien. Autre inscription dans le commerce international (plus classique celle-là) : les plantations en marron, calées sur les côtes dans des paysages de quasi monoculture (plages colorées ou hachures verticales serrées dans le cadre de régions aussi productrices de pétrole) ou dans des paysages partagés avec l'agriculture vivrière (Cuba) en hachures espacées.

SECTEUR AGRICOLE, RESSOURCES DU SOUS-SOL, TRANSPORTS ET ORGANISATION DE L'ESPACE LATINO-AMÉRICAIN

Le négatif de la culture productiviste sous forme de l'opposition traditionnelle - agriculture vivrière (minifundios ou exploitations de taille moyenne comme dans le cas de l'ejido mexicain) (jaune clair) / latifundio de l'élevage extensif (vert amande). Dans le cas de l'agriculture paysanne plutôt vivrière, on reconnaît l'intérieur du Nordeste brésilien mais aussi les clairières ouvertes dans la forêt amazonienne (avant que de grandes exploitations ne remplacent les petits paysans quand ceux-ci sont victimes de l'endettement), l'agriculture andine, de la Bolivie au Venezuela, caractéristique de l'altiplano, l'agriculture d'Amérique centrale et des Caraïbes à côté des espaces de plantation ainsi que le Nord et le Sud intérieurs du Mexique. Les élevages extensifs caractérisent les plaines et piedmonts argentin (de la pampa sèche jusqu'à la Patagonie au Sud), le Chaco paraguayen (l'ouest du pays), le piedmont amazonien des Andes boliviennes, colombiennes et vénézuéliennes ainsi que des fronts pionniers qui mordent sur la forêt amazonienne. Au Nord du Mexique se retrouvent encore des traces de ranching traditionnel.

CARTE SYSTÉMIQUE DES ACTIVITÉS EN AMÉRIQUE LATINE

Avant dernier ajout : les espaces naturels et le tourisme. La forêt amazonienne est le gros morceau mais il ne faudrait pas oublier les forêts du Sud chilien (forêt valdivienne), celles de l'isthme américain ainsi que du Yucatan. Enfin quelques forêts sur la côte Sud du Mexique et dans les Sierras Madre. Le tourisme littoral se concentre sur la Californie mexicaine dans des stations telles les "Cabos" ainsi que dans la région d'Acapulco et à l'Est du Yucatan (Cancun). Il s'oppose au tourisme balnéaire du Golfe du Mexique qui, lui, n'est pas un tourisme international mais un tourisme domestique. Les Antilles sont le gros morceau du tourisme (puisque vous savez, entre autres, que 80% du marché mondial de la croisière y est concentré). Plus au Sud, on reconnaît la riviera argentine entre Bahia Blanca et Mar del Plata, au Sud de Buenos Aires, qui se prolonge au Nord sur le littoral uruguayen. Le Sud et le Sudeste brésilien disposent de leurs plages jusqu'à Rio. Les capitales régionales du Nordeste ont aussi leur tourisme balnéaire. Il a été impossible de représenter le tourisme culturel précolombien (dans les Andes, au Mexique ou en Amérique centrale) mais on s'est attardé sur deux exemples intérieurs avec le pôle touristique d'Iguaçu (les chutes et le barrage d'Itaïpu) à la triple frontière du Brésil, du Paraguay et de l'Argentine, ainsi qu'avec la région des glaciers et des lacs andins, à la frontière entre Argentine et Chili. SYNTHÈSE CARTOGRAPHIQUE DES ACTIVITÉS ET TENSIONS SOCIALES EN AMÉRIQUE LATINE

Carte définitive : synthèse sur l'Amérique latine. On a ajouté la pression sur la ressource forestière symbolisée par les lignes noires à barbules des fronts pionniers. Enfin quelques aspects sociaux qui viendraient renforcer l'opposition traditionnelle entre minifundio et latifundio/agriculture productive et capitalistique : les espaces de sous-nutrition (pointillés et traits horizontaux gris) d'où part l'exode rural (sauf quand c'est l'ensemble du pays qui en souffre comme à Haïti) et que l'on peut relier aux régions de révolte rurale (Chiapas et marges amazoniennes du mouvement zapatiste et du MST) représentées avec une étoile. LES AGRICULTURES LATINO-AMÉRICAINES

Pour finir : une carte réduite aux seuls aspects agricoles (plus l'armature urbaine) pour mieux visualiser les différents systèmes tout en insistant sur les problèmes sociaux (en grisé).