On commence par une carte muette (avant que vous ne me la demandiez !) CARTE MUETTE DE L'AFRIQUE (entrainez-vous !)

Puis les villes, comme d'habitude. LES VILLES AFRICAINES

Vous remarquerez tout de suite le fort tropisme littoral caractéristique d'une ancienne économie coloniale extravertie, que ce soit en Afrique du Nord ou dans le Golfe de Guinée.

Pourtant il faut aussi relever des situations différentes : des villes de l'intérieur.

Celles du "Gauteng" (conurbation de Johannesburg - Soweto - Pretoria) sur les plateaux au sous-sol riche d'Afrique du Sud et auxquelles on peut rattacher les villes minières du Sud du Katanga (Kolwezi - Lumumbashi) en RDC, les villes de la Copperbelt de Zambie autour de Lusaka, celles du Zimbabwe

Les villes des fleuves (Bamako et Niamey sur le Niger, Khartoum et Le Caire sur le Nil, Kinshasa sur le fleuve Congo.

LES TRANSPORTS EN AFRIQUE SEPTENTRIONALE

Pour continuer : les transports (routes et voies ferrées principales). On commence par les voies de part et d'autre du Sahara. Trois voies principales entre Algérie et Mali ou Niger, entre Le Caire et le Soudan. Ces axes trans-sahariens sont connectés sur un axe sahélien Ouest -Est qui mène de Dakar à Ndjamena, axe qui est surtout relié (de manière vitale pour les pays de l'intérieur) à la façade du Golfe de Guinée par la Côte d'Ivoire (Abidjan), le Ghana (Accra), le Bénin (Cotonou), le Nigeria (vers Lagos et Port Harcourt) et enfin le Cameroun (ves Yaoundé et Douala). De l'autre côté, encore des liens avec une autre façade : celle de la Mer Rouge. Khartoum - Port-Soudan, Addis-Abéba - Djibouti.

Autre logique : les axes littoraux de Méditerranée ainsi que l'axe Dakar - Nouakchott. Et relevez cet axe spécial (plus de 700 km) entre Zouérate et le port de Nouadhibou, en Mauritanie, qui ne sert qu'à une chose : le transport de fer. Si un jour vous allez rouler près de la voie ferrée (soit parce que vous avez vraiment envie de rencontrer des humanistes d'Al Qaida au Maghreb, soit que vous adorez réchauffer le climat de la planète en vous promenant en 4x4 dans un pays pauvre) attention à ne pas crever sur les scories de minerai qui tombent du train sur tout le tracé de la voie.

LES TRANSPORTS TERRESTRES EN AFRIQUE AUSTRALE ET ORIENTALE

Les mêmes types d'axes de transport de la côte vers l'intérieur sans véritable réseau sauf en Afrique du Sud. Là, les métropoles du Gauteng sont au coeur d'une étoile de transport vers les ports de Durban (principale interface pour le Gauteng ou WWR - Witwatersrand : c'est l'autre nom de la région métropole), de Port Elizabeth ou de Maputo au Mozambique. L'axe principal cependant reste celui qui unit Le Cap à Johannesburg.

À partir de l'Afrique du Sud partent des voies de communication vers le Nord qui sont autant d'axes d'intégration régionale :

vers la Namibie,

vers les territoires miniers du Zimbabwe et de Zambie

vers la Tanzanie.

Au-delà, il faut noter le prolongement vers le Sud de la RDC. En effet, les territoires miniers de ce pays (Sud Katanga : Kolwezi, Lumumbashi) peuvent exporter les minerais par la capitale, Kinshasa ou par l'Angola et Benguela. Mais le transport vers Kinshasa subit des ruptures de charge multiples (passage du fluvial au chemin de fer ou à la piste) quand ce n'est pas la situation politique intérieure troublée qui stoppe tout trafic. De même, entre1975 et 2002, la guerre civile en Angola a bloqué la voie ferrée d'évacuation par Benguela. Aussi, l'axe Sud RDC - Afrique du Sud est devenu progressivement essentiel pour les exportations congolaises. La zone d'influence de l'Afrique du Sud s'est donc étendue vers le Nord.

Kinshasa est un noeud de voies de communications essentiellement grâce au fleuve Congo (vers Kisangani) et à ses affluents (comme l'Oubangui vers Bangui et la République centrafricaine).

Mais l'essentiel se joue à l'Est comme on peut le constater sur la réunion des deux cartes :

LES GRANDS AXES CONTINENTAUX DE TRANSPORT EN AFRIQUE

Il y a manifestement un problème de transport entre Nord et Sud au niveau de la zone équatoriale et du Bassin du Congo. En revanche, grâce au Nil et à des voies ferrées et routières modernisées (ou en voie de modernisation sur le Burundi et le Rwanda), un grand couloir Nord-Sud est en gestation à l'Est. Seul problème : le Soudan et ses conflits. Le Soudan est une pièce maîtresse dans l'organisation des transports et dans les processus d'intégration régionale : les troubles au Sud du pays rendent les flux Nord-Sud dangereux tandis que la guerre au Darfour a coupé la voie subsaharienne qui pouvait unir les pays du Sahel de Dakar à Khartoum ...

(Vous aurez remarqué en passant que j'ai rétabli la vérité en traçant l'axe ferroviaire et routier Maroc-Algérie, de Fès à Oran ... Dont acte.)

LES TRANSPORTS EN AFRIQUE

Du fait de l'insuffisance des transports intérieurs et/ou de l'inachèvement des interconnexions, le transport maritime est d'une importance vitale pour les échanges internationaux. Cependant les ports sont d'une importance très secondaire par rapport aux autres parties du monde. Le premier des ports africains est Richards Bay (la ligne de chemin de fer entre le Gauteng et Richards Bay avait été oubliée sur les cartes précédentes ...), en Afrique du Sud et n'arrive qu'à 90 Millions de tonnes, devant Durban (plus de 55 Millions de tonnes). Les deux premiers ports sont en Afrique du Sud et laissent loin derrière le troisième : Lagos et ses 38 Millions de tonnes. L'ensemble Saldhana Bay - Le Cap dépasse les 40 Millions de tonnes.

La façade méditerranéenne arrive loin derrière puisqu'Alexandrie ne dépasse pas 27 millions de tonnes soit sensiblement les mêmes trafics que Casablanca (24 Millions de tonnes) et Béjaia + Alger (24 aussi).

On a vu l'importance que revêtait le Golfe de Guinée pour les pays riverains et, surtout, les pays de l'intérieur. Cependant les trafics montrent à quel point l'Afrique reste secondaire dans le commerce mondial puisque, après Lagos, le plus grand ensemble portuaire (Abidjan) ne voit transiter que 20 Millions de tonnes par an. Dakar, au bout de la route sahélienne Ouest-Est, n'atteint pas 10 Millions de tonnes ... Sur l'Océan indien, en dehors de l'Afrique du Sud, La situation n'est guère meilleure puisque Mombasa, malgré un arrière pays qui embrasse le Kenya, l'Est de la RDC, l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi n'arrive qu'à 16 Millions de tonnes (pour mémoire : Marseille = 100 millions de tonnes, Le Havre 80 Millions, Dunkerque 57 Millions, Nantes-St Nazaire 32 Millions, Rouen 22 Millions de tonnes) (chiffres 2008).

Si les ports ont tant d'importance, c'est aussi parce que l'Afrique est devenue l'enjeu de toutes les convoitises puisque celle, traditionnelle, de l'Europe, est doublée dorénavant de celles des États-Unis et de la Chine. Les deux puissances lorgnent sur les richesses minières et énergétiques du continent africain. les EU ont d'ailleurs pour objectif de faire passer la part de l'Afrique dans leur approvisionnement en pétrole de 14% en 2005 à 20% en 2010.

D'où la carte suivante : HYDROCARBURES EN AFRIQUE

Vous devez retenir qu'il y a deux grandes régions de production :

le Golfe de Guinée avec les deux premiers exportateurs africains que sont l'Angola et le Nigeria

les pays du Maghreb (essentiellement Libye et Algérie)

S'ajoutent à ces deux espaces privilégiés les gisements du Tchad (bassin de Doba) reliés au port de Kribi (à côté de Douala), au Cameroun, par 1200 km d'oléoduc, et les gisements du Sud Soudan reliés à Port Soudan par un autre oléoduc.

LE "SCANDALE GÉOLOGIQUE" AFRICAIN

Encore une carte importante : celle des ressources minières où l'Afrique australe domine indéniablement autour du Witwatersrand qui cumule charbon, diamants et or, du Zimbabwe dont les rivières sont polluées au mercure pour amalgamer les paillettes d'or, du cuivre zambien (Copperbelt autour de Lusaka) et des richesses du Sud et de l'Est de la RDC.

À côté de cette concentration exceptionnelle, les autres régions paraissent bien ternes malgré la présence de l'or du Golfe de Guinée (n'oubliez pas que l'ancien nom du Ghana était la "Gold Coast"). L'Afrique du Nord est plutôt spécialisée dans le fer (la grande mine de Zouerate) et les phosphates (dont les plus riches gisements sont sous le sol marocain).

Pour mieux les visualiser, voici une carte surlignée. LES GRANDES RÉGIONS MINIÈRES D'AFRIQUE

À ce stade de la réalisation de la synthèse cartographique l'essentiel est déjà en place. car contrairement à l'Amérique latine capable de concurrencer les pays du Nord sur leur propre terrain agricole, l'Afrique est essentiellement convoitée pour les richesses de son sous-sol.

Cependant, continuons d'avancer :

Carte supplémentaire : les régions industrielles (peu nombreuses) en orange, et les espaces agricoles qualifiables de "grandes régions agricoles" où les cultures commerciales sont importantes (en jaune). Attention : cela ne signifie pas que toutes ces régions soient équivalentes sur le plan agricole : les espaces du coton (carte suivante : ellipses) sont animées par des petits producteurs, comme dans les plantations paysannes du cacao ivoirien. Rien à voir donc avec les grandes plantations que l'on va retrouver sur d'autres terres littorales du Golfe de Guinée.

Les espaces d'élevage sont de deux types principaux : dans la zone sahélienne au Sud du Sahara (en dehors des espaces irrigués du fleuve Niger) ainsi que les hautes terres (plateaux) de la façade orientale.

Les forêts opposent la masse principale de la cuvette du Congo, la façade du Golfe de Guinée (où la forêt a reculé devant les cultures de plantations, qu'elles soient industrielles ou paysannes, et toujours les hautes terres de l'Est, en Éthiopie, sur les plateaux et collines de Zambie, de Tanzanie, sur la ride nilotique Nord-Sud. Quelques forêts sèches demeurent en Angola. À Madagascar, elles sont concentrées sur le rebord Est des hauts plateaux intérieurs.

Les cultures à dominante vivrière ainsi que les espaces d'élevage extensif (ou les deux systèmes combinés) occupent les autres espaces en savanes ou au milieu des forêts. Les zones incultes sont représentées en gris pour souligner le Sahara, le désert côtier du Namib, les terres sèches du Sud du Kalahari ainsi que le Massif somali aux confins de la Somalie et de l'Ogaden éthiopien.