La production de pétrole a augmenté de près d'1 million de barils par jour sur 2008 ! Malgré les baisses de fin d'année. En moyenne c'est l'Arabie saoudite qui a le plus accru sa prod avec +400 000 barils jour tandis que les production de la Russie (-90 000), OCDE (-750 000) dont Mexique (-310 000) baissaient sensiblement. (Première baisse russe depuis 1998).

Pendant l'année 2008 c'est le Moyen Orient qui a le plus augmenté sa production en passant de 1202.2 Ms de t à 1253.7 : +4% Irak (119.3 Ms de t) et Qatar (60.8 Ms de t) +13% chacun. La Chine continue de monter avec 189.7 Ms de tonnes en augmentation d'1.4%.

Alors que les stocks commerciaux avaient tendance à baisser sur l'année 2007 (baisse de janvier à mars pour peser sur les prix puis remontée nécessaire en période de hausse jusqu”au début juillet puis baisse par la suite avec le premier ralentissement économique qui pèse d'autant sur les prix, les stocks ne cessent de remonter sur l'ensemble de l'année 2008 (à partir d'avril). Sur la première partie de la hausse la demande reste forte du fait de la croissance. Depuis, la reconstitution de stocks en période de pétrole à bas prix ne permet plus la montée des prix car la croissance est en berne.

Le gaz naturel voit ses réserves monter de 4.5% et représente maintenant 63.1 ans de production contre 60.3 ans en 2007 ! La production a monté de 3.8% : la plus forte croissance depuis 1984. La consommation n'a augmenté que de 2.5% Le prix a monté : +41% en moyenne pour l'UE, +79% pour le RU (prix inférieur encore à celui de l'UE) +62% pour le Japon (prix similaire à celui de l'UE), +27% pour les EU et +29% pour le Canada. Pour mémoire, sur l'ensemble de l'année 2008, le prix moyen du brut a augmenté de 40%

Le charbon connaît toujours le même boom : 6.781 Mds de tonnes soit +5.3% sur un an ! ou 3.325 Mds de tep

Le prix est parti à la hausse : la moyenne Europe de l'Ouest s'établit à 150 $/tonne (équivalent à 3 barils en équivalent pétrole) soit une augmentation de 73% sur l'année ! Le marché est très tendu aux EU où les producteurs sont souvent aussi des producteurs de pétrole : d'où une augmentation plus forte en % : +127% même si les prix sont plus faibles (prix spot Appalachien de 116 dollars sur 2008). Le Japon paie son charbon plus cher que les autres à 180$ (+100%) sauf pour le charbon-vapeur (pour centrales électriques) : seulement 122 dollars

Bizarrement le nucléaire baisse de 0.7% : deuxième baisse consécutive ! Passage de 622 .5 M tep à 619.7. Alors que la production reste stable dans l'UE et même remonte en Allemagne de 5.6% (!) (Gouvernement Merkel a arrêté dans les faits le programme de démantèlement), elle baisse au RU de 17% pour cause de vieillissement du parc (dommage pour EDF ...). Remontée en Roumanie et Bulgarie devant l'augmentation des prix des autres énergies : problème, ce sont des centrales de type Tchernobyl ... Toutefois, les centrales bénéficient dorénavant de l'aide technique et de la surveillance de l'UE. Chine (+9.8% ) et Corée du Sud (+5.3%) sont les plus grosses croissances asiatiques.

Côté hydroélectricité : montée de 2.8% mais avec une explosion en Chine de 20.3% grâce à la montée en puissance de ses capacités de production et à de fortes précipitations.

Le monde passe à 707.5 Ms de tep en 2008 contre 695.8. La Chine monte de 109.8 à 132.4 Ms de tep. Dorénavant la Chine produit à peine moins que le continent Nord Américain (148.9) ou centre et Sud (152.5). Seule l'Europe se détache encore à 180 Ms de tep (mais en progression arrêtée et qui ne dépend plus que des précipitations maintenant +0.1% entre 2007 et 2008) ...

Nouveauté : les énergies renouvelables (hors hydroélectricité) qui ne représentent que 1.5% de l'électricité totale progressent plus rapidement en 2008. Alors que la part de ces énergies ne représentait que 4% (environ) de la croissance de la production électrique jusqu'en 2007 (moyenne sur trois ans), leur part bondit à plus de 7% en 2008 (toujours sur trois ans). 20% de l'électricité au Danemark, 11% en Espagne, 7% en Allemagne. La géothermie représente 25% de l'électricité du Salvador et 20% de celle des Philippines, du Kenya et de l'Islande, pays en pointe (et volcaniques ...)

En analysant les séries statistiques du rapport, on peut se rendre compte que l'économie chinoise est beaucoup moins dépendante du pétrole que du charbon !

Sur les dernières années, la consommation de pétrole n'a augmenté que de 2.8% entre 2004 et 2005, 5.8% entre 2005 et 2006, 4.6% entre 2006 et 2007, 3.6% entre 2007 et 2008, soit sensiblement moins que la croissance à deux chiffres de l'économie chinoise. Le charbon, lui, explosait dans les mêmes années de 12%, 10.5%, 8.2% et 7.1%.

Cette constatation (que l'on pourrait renouveler en comparant les rythmes de croissance de l'hydroélectricité face au pétrole) permet de relativiser la problématique du "Collier de perles" déjà évoquée en cours. Parmi les grandes économies mondiales, la Chine reste celle qui est la plus "charbon-dépendante" et pour laquelle un renchérissement du baril aurait finalement le moins de conséquences.

Vous remarquerez aussi que ces deux histogrammes racontent bien l'histoire de la croissance chinoise : on perçoit nettement les ralentissements de 1967 avec le début de la Grande Révolution Culturelle (dans ce cas, il s'agit d'une crise comparable à celle du Grand Bond en Avant), de 1980 qui marque l'entrée dans l'ère des réformes nécessaires du système, de 1997-98 qui montre que la Chine a aussi été touchée par la crise asiatique (mais sans récession car le pays faisait toujours des progrès d'intensité énergétique). En revanche, l'envol de la consommation à partir de 2003 après des années de progression faible peut s'explique de plusieurs manières :

par simple contraste avec les années du début du siècle où les marchés occidentaux sont touchés par un ralentissement préjudiciable aux entreprises exportatrices chinoises, ou, si on préfère, par retour de la croissance des marchés étrangers qui dopent la production industrielle

par accélération de la consommation intérieure qui devient un nouvel exutoire pour les produits manufacturés chinois.

Cette dernière explication est vraisemblablement la plus importante puisqu'elle correspond au dérapage de l'intensité énergétique du pays qui ne cessait de baisser depuis 1978 : preuve d'un renversement de tendance très profond qui ne peut s'expliquer que par un bouleversement historique dans les habitudes de consommation. Pensez par exemple que la Chine est devenue le deuxième marché mondial de l'automobile (en nombre de nouvelles immatriculations) dès 2006 ...

Côté français, le pic pétrolier est visible en 1973 avec 127 Ms de tonnes consommées sur 188 Millions de tep ! Par la suite, les économies d'énergie et énergies de substitution permettent de faire reculer le pétrole dans une fourchette de 86 à 95 Millions de tonnes selon le rythme de la croissance économique.

Le nucléaire devient la première énergie consommée. Une centaine de Millions de tep au début des années 2000 sur 258 Millions de tep consommées. Le pétrole est tombé à 92.2 Millions de tonnes en 2008.