La puissance européenne est-elle incontestable à la veille de la première guerre mondiale ?

Si aujourd'hui l'Europe reste un pôle géopolitique et géoéconomique important, elle n'est plus dans la position hégémonique qui fut la sienne au 19ème siècle. À la veille de la guerre de 1914, cette puissance semblait indétrônable tant l'avance de l'Europe se manifestait dans tous les domaines. Néanmoins, elle n'était pas dans la situation qui caractérise celle des États-Unis après 1991 et nul n'a jamais songé à qualifier l'Europe d'hyperpuissance.

Malgré la domination incontestable qu'exerçaient les plus grandes puissances européennes sur le monde, la taille de chacune ne leur permettait pas d'atteindre le statut de superpuissance. L'Europe restait un continent marqué par la diversité, fortement hiérarchisé et travaillé par les rivalités. De plus, les colonies de peuplement qu'elle avait mises en place étaient de moins en moins des appendices de celle-ci et aspiraient à une indépendance complète tout en bénéficiant du modèle. Ces failles, peu visibles encore à la veille de la Grande Guerre, se révèleront à la faveur du conflit qui emporte l'ensemble du continent.

C'est pourquoi, après avoir insisté sur la domination sans partage qu'exerce l'Europe sur le monde (I), qui s'explique par l'avance prise sur les autres continents (II), il conviendra cependant de souligner les failles internes et les limites de cette hégémonie (III).

I- Une domination sans égale

Seul continent à avoir amorcé la transition démographique, l'Europe peuple le monde tout en transférant ses actifs du primaire vers le secondaire et le tertiaire.

Elle domine commercialement et financièrement la planète.

Elle exerce une emprise géopolitique sur le globe grâce à ses empires coloniaux.

Son avance technologique et scientifique est confortée par un niveau d'éducation exceptionnel pour l'époque dont témoigne le nombre de Prix Nobel.

II- Qui s'explique par l'avance acquise par l'Europe

Cette avance scientifique dont les prémisses se manifestent dès la Renaissance lui permet de se lancer dans une industrialisation rapide.

Ce qui va l'amener à améliorer considérablement les infrastructures et les moyens de communication qui raccourcissent els distances et le temps.

La richesse engrangée permet aux Européens qui creusent désormais les écarts avec les autres continents d'accumuler une épargne avec laquelle ils contrôlent la planète et exportent leur modèle.

Ainsi ils se sont dotés des instruments qui renforcent leur domination géopolitique : canaux transocéaniques, contrôle des axes majeurs de la circulation maritime grâce aux ports et comptoirs, mais aussi aux compagnies régulières de navigation, sans compter la supériorité militaire qui leur assure une domination par la force.

III- Une domination qui connaît néanmoins des limites

Victime de son propre succès elle rentre en concurrence avec les pays qu'elle a contribué à créer. (Reprendre l'exemple manifeste des États-Unis à partir des chiffres fournis)

Le développement de sa production et l'internationalisation de l'économie la rendent de plus en plus dépendante des produits importés, que ce soit des matières premières agricoles ou industrielles comme le caoutchouc ou le pétrole

L'Europe est constituée de diverses puissances qui sont en concurrence. Les rivalités sont à la fois géopolitiques , territoriales et économiques. L'addition de puissances ne crée pas une grande puissance (vieux raisonnement qui s'applique toujours de nos jours à l'échelle de l'Union Européenne).

Conclusion :

À la veille de la guerre, nul ne pouvait prévoir un tel bouleversement des puissances tant l'hégémonie européenne était écrasante. Il faudra une guerre de quatre ans pour que la puissance européenne soit contestée et que les pays neufs profitent des circonstances pour se libérer de son joug. Le poids de cette force restera encore en mémoire au point d'empêcher la puissance américaine de jouer pleinement son rôle et d'empêcher les États européens de reconnaître l'ampleur des changements accomplis.