COMMENÇONS PAR LES HYDORCARBURES

MAINTENANT L'IRAN, AU COEUR DE BIEN DES PROBLÈMES GÉOPOLITIQUES

Réunion de l'OCE en mars 2009 à Téhéran où le président de l'Iran - M. Ahmadinedjad - a déclaré vouloir consolider les relations entre les dix membres de l'organisation. L'Iran "sous embargo" ??? L'efficacité des mesures du type "Amato-Kennedy" est très relative ...

L'ÉNERGIE EN IRAN

L'Iran est longtemps resté dépendant sur le plan gazier et importateur net. Les effets de l'embargo organisé par les EU sans doute, qui a retardé les investissements de compagnies étrangères (notamment dans le "South Pars"). Mais cette époque est révolue : depuis la fin 2006 production et consommation sont équilibrées. Les contrats passés avec le Pakistan et l'Arménie vont ainsi pouvoir être honorés.

Puis nous pourrons étudier cette carte qui reflète la sensation iranienne d'encerclement quand on considère la présence américaine dans la région : entre le containment et le roll back, il n'y a qu'un pas (certes difficile à franchir quand on voit le coût économique et humain des deux engagements américains dans la région ...)

En rouge, les bases aériennes auxquelles l'Air Force a accès. En rose, les bases dont les Américains ont perdu l'accès après action en sous-main de la Russie pour faire plier Ouzbékistan et Kirghizistan au sein de l'OCS (Organisation de coopération de Shanghai). En bleu les pays alliés des EU (ou devenus tels) dans la guerre de 2003 contre l'Irak. (L'ouzbékistan s'en est désolidarisé comme le prouve la fermeture de la Base de Karshi Khanabad en 2005).

L'ARABIE SAOUDITE, UNE ANALYSE SPATIALE

ARABIE SAOUDITE 2009

Ne pas dépendre d'une seule façade -celle du Golfe persique - et échapper ainsi à toute fermeture du détroit d'Ormuz semble être la base de la politique d'aménagement du territoire saoudien si l'on en juge par la construction du landbridge et le tracé des conduites vers la mer Rouge et la Méditerranée. La ville nouvelle "King Abdullah Economic City" est nettement destinée à concurrencer les grands centres économiques de Dubaï, d'Abou Dhabi ou du Qatar. Encore une fois, en évitant soigneusement la côte du Golfe.

Encore une chose : je n'ai pas indiqué le nom des régions d'Arabie sur cette carte. La seule que vous devez connaître (celle où des problèmes pourraient survenir) est le Hasa ou Hassa. Je vous laisse deviner où elle se trouve.

N'oublions pas que l'Arabie saoudite résume aussi, dans ses rapports extérieurs, le bras de fer géopolitique qu'ont entrepris les puissances mondiales. On notera sur la courbe des exportations la part que prend l'Asie en développement (entendez surtout la Chine) dans les relations commerciales du Golfe. les États-Unis sont pratiquement devenus secondaires dans la région puisque les exportations vers l'Amérique du Nord (la courbe bleu-clair) ne représente même pas la moitié de celles qui se dirigent vers l'Asie (Japon et Corée du Sud exclues !)

RÉCAPITULATIF SUR LES LIMITES DU MOYEN ORIENT

Petite carte sur le "Moyen-Orient". Puisque chaque année on me demande quelles en sont les limites : voici une proposition qui ravirait vos correcteurs, selon toute vraisemblance. (N'oublions pas la légende du cartouche orange vif auquel vous ajouterez "de l'islamisme")

À ce Moyen-Orient, il faudrait ajouter d'autres notions comme le "Proche-Orient", plus réductrice, ou le Maghreb qui, normalement, ne fait pas partie du Moyen-orient, mais lui est dorénavant rattaché dans la nouvelle notion de MENA, forgée par les Américains pour mettre dans un même panier les pays qui vont de la Mauritanie au Pakistan, dans une perspective religieuse et pour coller au fameux "Choc des civilisations" de Huntington. MENA signifiant alors Middle East and North Africa.

Dans l'optique des États-Unis, Afghanistan et Pakistan ne sont plus dissociables de la notion de moyen-orient du fait de la montée du radicalisme religieux dans ces deux pays. Les divisions régionales sont donc en pleine évolution : l'Afghanistan est détaché de l'Asie centrale avec laquelle il a pourtant des affinités évidentes, tandis que le Pakistan perd son attache historique au monde indien pour être résumé à un champ de bataille entre extrêmistes religieux et forces de la démocratie ...

Et pour finir : la version élargie du Moyen Orient au sens de la diplomatie américaine actuelle : le MENA ...

NOUS EN AVONS DÉJÀ PARLÉ SUR L'AFRIQUE : REPARTONS À DUBAI

UN NOUVEAU HUB MONDIAL : DUBAI

UNE PETITE ENTREPRISE QUI, HÉLAS, NE CONNAIT PAS LA CRISE : AL QAIDA

LES MÉTROPOLES DU MENA

ET MAINTENANT NOTRE GRAND JEU DU JOUR !!! SOYEZ PERSPICACES !!!


Il y a un piège !!!

On se souvient des déclarations de l'archevêque de Canterbury qui envisage l'introduction de larges aspects de la ... charia (!) dans la loi britannique !!!!

God damned ! But what happened to this gracious kingdom ?

Nothing but juste une évolution très particulière qui, une fois de plus, fait de ce pays une exception bizarre en Europe.

Car, dans le même temps, Gordon Brown annonçait la mise sur le marché d'obligations d'État "charia compatibles" : des "sukuks" !!! Tout a commencé en 2004 avec l'apparition de "l'Islamic Bank of Britain", certifiée charia compatible. Début mars, c'était la vente des Chelsea Barracks", 5,2 ha d'anciennes casernes au fonds d'investissement qatari. Les Britanniques veulent attirer l'épargne musulmane qui croit au rythme de 15% par an : même des dollars dépréciés sont toujours bons à prendre en ces temps de récession imminente.

Mais c'est là que la charia devient soluble dans le jésuitisme le plus traditionnel : selon le principe de la "riba", le prêt à intérêt est interdit. Seul le "qard" (prêt sans intérêt) est permis dans la religion du prophète. L'affaire est entendue ... Sauf si ... (c'est là que la casuistique jésuite trouve une très belle illustration dans l'islam : dès qu'il s'agit de contourner des règles trop contraignantes on trouve toujours des solutions) on sort l'arme fatale des "sukuks" !!!

Un "sukuk" est en effet une obligation islamo-compatible car, tenez vous bien, ce n'est pas un bon d'État traditionnel mais un titre de propriété fictif de l'actif financé par le produit financier. Ce qui permet d'obtenir des paiements réguliers tout en recouvrant le capital investi sans avoir vraiment "prêté" de l'argent puisque qu'on s'est contenté de devenir propriétaire d'un bien dont on retire donc un simple loyer. Ce qui n'est pas interdit.

Il y a d'ailleurs une autre possibilité offerte aux investisseurs musulmans pour contourner les interdits : le "mouraballa". Une autre pratique grâce à laquelle une banque peut acheter un bien pour un client (payable à terme) et revendu à un prix majoré (c'est du marché à terme pur jus, donc une spéculation de la globalisation purement financière mais parfaitement compatible !).

Comme quoi ... toutes les religions se ressemblent dès qu'un impératif économique se présente. Les affaires sont les affaires et dieu (qui que soit cet individu dont on peine à faire le portrait robot) reconnaitra les siens.

Après avoir ressemblé à un émirat grâce à ses gisements de la mer du Nord (qui s'épuisent enfin), le Royaume Uni glisse lentement vers un nouveau type de société, en amenant le pavillon. Quand je vous disais qu'on ne devait pas faire confiance à la perfide Albion ... Regardons d'urgence du côté de l'Allemagne où ce genre de dérive ne se produirait pas ! Rhaaaaaaaaaa ! On me prévient dans mon oreillette que le Land de Saxe-Anhalt a déjà émis des "sukuks" en 2004 ! Tout fout le camp ma bonne dame ...

PS : la France n'émettra pas de sukuks !!! Non mais !!! On est une république laïque, nom de lui !!!

En fait, on ne le fera pas parce que quand l'État s'endette, il s'endette en bloc et non pour des opérations précises. Donc ce qu'on prête peut servir à financer des armes (interdit religieux) ou subventionner les éleveurs de porcs (Gaaaaaaaarglllll !) et là, c'est le drame : ce n'est pas charia compatible ...

MAINTENANT QUELQUES DONNÉES MACROÉCONOMIQUES

L'ARMÉE AMÉRICAINE EST TRÈS PRÉSENTE AU MOYEN-ORIENT MAIS ELLE A RÉORIENTÉ SES IMPLANTATIONS DEPUIS 2001

Petite carte pour vous montrer la concentration des forces américaines déployées autour de l'Irak (où les forces sont essentiellement terrestres) et face à l'Iran à travers l'aviation des États-Unis. Les relations avec l'Arabie sont ambivalentes : le pays reste l'allié des EU mais les Américains ont préféré transférer Prince Sultan, leur plus grande base, aux forces saoudiennes pour privilégier de nouvelles installations dans les monarchies périphériques.

Et pour finir : le complément : army et navy avec leurs implantations.

Pour être complet, il faudrait ajouter six petits camps saoudiens ouverts aux instructeurs américains dans le cadre d'un programme de formation des "SANG" (Saudi Arabian National Guards". Un à Ryiad, deux en face de Bahrein et trois le long de la mer rouge. Mais quoi qu'il en soit, ce qui frappe est la quasi absence, dorénavant, des soldats américains sur le sol saoudien et la terre des "lieux saints". La stratégie militaire doit faire bon ménage avec une diplomatie délicate.

Maintenant, si vous préférez les synthèses : voilà la carte récapitulative :

REPLAÇONS LE MOYEN ORIENT DANS LA GÉOPOLITIQUE MONDIALE TELLE QU'ELLE EST PERÇUE PAR LES ÉTATS-UNIS


TERRITOIRES DE COMMANDEMENT US


Notez bien (ce qui n'apparaît pas sur la carte du fait de son échelle, qu'Israël fait partie de l'USEUCOM. Comme la Syrie et le Liban avant 2004, année où les deux pays ont été intégrés dans l'USCENTCOM ... Nous avons là un espace stratégique majeur où se joue une partie importante pour la géopolitique américaine. Pour la comprendre il faut revenir à la vision du monde qui a fondé les premiers balbutiements de la géopolitique globale dans l'exposé qu'en avait fait le géographe britannique Mackinder à la Royal Geography Society de Londres le 25 janvier 1904. Pour lui existait un "pivot géographique de l'Histoire", un "heartland" , une terre centrale hors d'atteinte des flottes mondiales mais qui, une fois contrôlée, par les voies ferrées notamment, ouvrirait la voie à la domination du monde !!!

DÉBUTS DE LA GÉOPOLITIQUE : LE MONDE SELON MACKINDER
Notez l'usage de la petite échelle et du planisphère ovale pour appuyer les thèses de l'auteur qui reprend une vieille lune historique, celle de l'opposition classique entre la puissance terrestre (Sparte) et la thalassocratie athénienne ... Ne riez pas de cette carte très grossière et qui ressemble plus à un schéma qu'autre chose : elle a influencé toute la vision des stratèges du XXème siècle avec quelques aménagements après 1945, quand les géographes géopoliticiens américains ont légèrement modifié le schéma ...
En 2009, le pivot s'est déplacé. Les stratèges américains le localisent dans une région qui doit vous rappeler les limites approximatives de cet USCENTCOM qui paraissait peu homogène précédemment (un bout d'Afrique de l'Est, du Machrek, du Proche Orient plus l'Asie centrale en passant par ce Pakistan qu'on a toujours autant de mal à rattacher à quelque région que ce soit). Ce United States CENTRAL Command porte remarquablement bien son nom. Nous avons là le pivot du monde au début de XXIème siècle selon les Américains. Le pivot de tous les dangers.

Cependant, l'Afrique devenant un enjeu majeur à son tour, le découpage des territoires sous commandement a évolué en 2009 puisque l'Afrique dispose maintenant d'un commandement spécifique :