Quelques données extraites des 237 pages du Rapport :

D'abord une bonne nouvelle : la France remonte encore dans le classement ! Nous avons gagné trois places depuis l'année dernière. La Suède n'a qu'à bien se tenir ! Quant au Royaume-Uni et à l'Allemagne (21ème et 22ème), ils sont relégués dorénavant fort fort loin derrière nous.

On s'en était quelque peu douté depuis longtemps mais la doxa libérale qui nous vantait la convergence des économies par l'enrichissement des pays du Sud (qui posait déjà le problème de la perception macroéconomique de cet enrichissement tandis que les écarts de revenus ne cessaient de s'accroître dans les mêmes pays au détriment des plus pauvres) (d'où la référence aux rapports de la BM sur l'ouverture des inégalités en Chine) ... la convergence, disais-je, n'était qu'un mirage statistique à coup de taux de croissance faramineux ... En effet, presque partout (et avec accélération depuis les années 1975-80) l'écart de richesse s'est accru entre le Nord et le Sud.

Seuls les Pays de l'Est (mais il s'agit d'un rattrapage très imparfait après le plongeon des années de transition), l'Asie (mais très lentement si on exclut la Chine) et surtout la Chine (avec les limites apportées depuis 2006 par les rapports de la BM) sembleraient converger sur le seul plan macroéconomique.

Le Rapport, faisant la part belle aux migrations, remet totalement en cause les politiques d'accueil des migrants ou de limitation de leur nombre voire d'interdiction. On se rend compte en effet (dans le chapitre 2 d'où est extraite cette carte remaniée par mes soins pour qu'elle soit un peu plus lisible) que les effectifs et pourcentages d'immigrés sont totalement indépendants des types de politiques suivies par les pays d'accueil mais que c'est bien le différentiel de développement qui reste le paramètre essentiel par delà des politiques inopérantes (même à renfort de murs high tech comme entre EU et Mexique ...). Un exemple à méditer quand le débat politique porte régulièrement sur interdiction ou régularisation.

Que ce soit dans le cadre de migrations internationales ou intérieures, le différentiel de développement est définitivement le paramètre le plus pertinent pour expliquer les flux migratoires ...

On trouve aussi des chiffres de la croissance moyenne entre 1990 et 2007 qui permettent d'établir des typologies. Notamment en observant les Sud. On voit très bien se dégager une Asie à croissance relativement soutenue à forte qui s'oppose à une Amérique latine marquée par une croissance moyenne à faible.

Mais ce qui frappe le plus, c'est l'absence totale d'unité du continent africain où les pays suivent des trajectoires totalement contradictoires. Dans le sujet de la dernière dissertation, ce type de typologie africaine était attendu de votre part.