Disparition de l'Aral : effet de l'irrigation massive des oasis cotonnières de l'Amou et du Syr Daria ainsi que du détournement d'une partie des eaux de l'Amou Daria vers le Canal de Karakoum, au Turkménistan.

Et pour ceux qui auraient du mal à situer les différents éléments du cours : quelques données cartographiques centrées sur le système fluvial de la mer d'Aral.

Plus une anecdote sur le Lac Aïbarkoul dont la naissance par dérivation des eaux de crue qui menaçaient le barrage du lac-réservoir Tchardara a privé la mer d'Aral d'un apport massif des eaux du Syr Daria. Depuis cette opération, un canal a été aménagé pour alimenter le lac Aïbarkoul en permanence et mettre en place un front pionnier agricole irrigué par ses eaux.

Ajoutez à cela le transfert massif des eaux de l'Amou Daria par le Canal du Karakoum, ainsi que l'irrigation tout au long du cours des deux fleuves (et notamment dans l'oasis ouzbèke du Fergana) et vous obtenez une disparition inéluctable de la mer d'Aral dans son bassin méridional.

À ce propos : les frontières tracées par Staline en Asie centrale rendent les relations entre ces pays particulièrement délicates. d'abord parce que les bassins fluviaux sont coupés par des frontières multiples. Ensuite parce que les frontières ont multiplié les enclaves et exclaves comme le prouve la carte que je vous livre ci-dessus. Situation plus que compexe, non seulement pour la gestion des eaux mais aussi (et surtout) pour les transports et le désenclavement nécessaire ...

Le tracé des frontières de la région ne respecte ni le contour des bassins fluviaux ni les lignes de crêtes (de montagnes qui peuvent allègrement dépasser les 4000 mètres d'altitude :

Carte de la disponibilité théorique de l'eau douce par habitant et par an au Moyen-Orient et en Asie Centrale selon les seuils de Falkenmark.

Idem : eau disponible en Afrique. Toujours selon les seuils de Malin Falkenmark .

Enfin, pour conclure, nous avons parlé du GAP turc dont voici la carte :

GAP dont la puissance se traduit par le déséquilibre régional constaté dans la puissance hydroélectrique installée en Turquie (par comparaison, un réacteur nucléaire a une puissance installée de l'ordre de 1000 MW)

Tandis que l'électricité thermique est au contraire concentrée dans les régions développées de l'Ouest :