Première partie de la carte sur l'agriculture en France. Partie statique. Il s'agit des grandes régions agricoles. Une vision très schématique.

Avec cette carte on dépasse la tranche chronologique des Trente Glorieuses pour aller au-delà. Les trente glorieuses se résumeraient à un renforcement du schéma radial sur Paris avec la construction des premières autoroutes (il faut attendre les années 1980 pour que la première autoroute non-radiale soit enfin construite). Les insuffisances du réseau de batellerie seraient encore plus criantes puisque la Saône n'a été rendue navigable pour le gabarit européen qu'au début des années 1980. L'aéroport "low cost" est une invention tardive de la dérégulation aérienne. Donc, des années 1990 en France (la dérégulation est entamée aux EU en 1978 par l'administration Carter même si, pour l'Histoire, c'est l'administration Reagan qui a été responsable de la grande vague de dérégulation - déréglementation dont nous subissons actuellement le contrecoup du fait des dérapages accumulés depuis.

Retour dans le passé : la concentration sur Paris reste soulignée par le tracé radial des autoroutes qui ne sont qu'à l'état d'ébauches en province. Le maillage aéroportuaire est extrêmement dense : il reflète une absence de hiérarchie au-dessous des quatre principales plateformes aéroportuaires que sont Paris (ouverture de Roissy en 1974), Lyon, Marseille et Nice. Cette répartition assez homogène sur le territoire (avec des doublons quelquefois absurdes comme Vichy à côté de Clermont-Ferrand par exemple) est le reflet de la politique menée par l'État via sa compagnie aérienne intérieure de l'époque "Air Inter". On en est encore à la logique de la politique d'aménagement du territoire assimilable aux principes de "cohésion" portés ensuite (à partir de 1975 justement) par le FEDER au niveau européen.

Dans les Trente glorieuses, la France de l'énergie a une figure différente : les gisements charbonniers sont encore exploités tandis que les centrales nucléaires sont pratiquement absentes si l'on excepte les premières (Chinon et Marcoule). La France étrolière est déjà largement littorale avec ses grands centres de raffinage dont la géographie n'a pas changé depuis l'ouverture de la raffinerie de Fos au début des années 1970. Je vous rappelle l'existence de la raffinerie de Vern-sur-Seiche (jeu de mots que les locuteurs celtes comprendront) (et vous aussi dorénavant), fermée récemment, ainsi que celle de Vernon, celle de Gargenville près de Paris, de Pauillac, d'Ambès et de Bordeaux sur l'estuaire de la Gironde, de Frontignan près de Sète, d'Hauconcourt, de Valenciennes et d'Herrlisheim. La carte actuelle est donc simplifiée. Les transports intérieurs d'hydrocarbures se sont améliorés et la situation de raffineries proches des marchés de consommation n'est plus aussi vitale.

Chose promise chose due : voici la carte très simplifiée du tourisme en France. Les Trente glorieuses ont vu son essor grâce à l'avénement de la voiture. Les stations balnéaires voient leur fréquentation exploser au point que l'État lance dans les années 1960 une mission interministérielle pour planifier la construction des infrastructures touristiques du Languedoc (elles ouvrent au début des années 1970 au moment où l'A9 ou autoroute Languedocienne est construite). Un autre effort a été consenti pour le désenclavement des Alpes du Nord (cf schéma autoroutier 1975) qui a permis l'essor du tourisme hivernal soutenu par l'inauguration de nouvelles stations dans les années 1960 et 1970. Les JO de Grenoble ont accéléré le mouvement et l'engouement des Français. Le "Plan Neige" lancé en 1967 prévoit ainsi la construction de 150 000 lits sur les 20 stations déjà existantes et sur 23 nouvelles stations, de plus en plus haut en altitude. C'est à Jean Ravanel, commissaire général du tourisme de l'époque qu'on doit cette politique volontariste, à l'approche des JO.