La vieille Europe domine encore le monde de la F1. Les EU sont présents grâce à leurs sponsors même si on sait que l'industrie de l'automobile y est sinistrée.

Que les grands émergents et leurs entreprises tentent à tout prix de s'insérer dans le calendrier des grands prix et dans la course à la sponsorisation d'événements surannés laisse songeur quant à leur modèle de développement.

On comprend parfaitement l'intérêt des pétromonarchies du Golfe pour ce type de "sport" mécanique. Cela contribue à leur donner une image touristique et "haut-de-gamme" sur un segment où le bon goût (pensez aux jeunes femmes cout-vêtues qui gravitent sur les lignes de départ pour le plus grand bien de leurs sponsors et des sportifs de canapé) le dispute au ... bon goût (pensez au casque serti de pierres précieuses arboré fièrement par Lewis Hamilton sur un grand prix, l'année dernière). On pourra se référer d'ailleurs au livre d'Hervé Kempf "Comment les riches détruisent la planète" aux éditions La Martinière et mettre le tourisme du cirque de la F1 en parallèle avec les arguments du livre ...

Beaucoup de sponsors pétroliers, de luxe d'entrée de gamme (luxe de grande consommation) plus ou moins avéré (comme Boss, Mumm, Tag Heuer), quelques constructeurs automobiles (si possible ceux qui n'ont pas encore massivement investi dans la voiture électrique ou toute autre motorisation alternative mais qui vont le faire très vite ... Promis juré !) (Tiens ?! Toyota n'est plus là cette année ...), une banque (espagnole ... Ça fait peur ...), une société d'investissements dubaïote (Mubadala, qui n'a pas été engloutie par la crise immobilière récente ... Ça fait un peu peur tout de même), un peu de haute technologie (Lenovo : la Chine a pris le pouvoir ...) et plein de compagnies aériennes (du Golfe, d'Inde) et autres compagnies de, messagerie rapide (DHL pour l'Europe, Fedex pour les EU) viennent rejoindre les sponsors traditionnels des années 60-70, où les cigarettiers (Philip Morris, fidèle au poste) et les vendeurs d'alcools (Martini, toujours prêt pour un petit coup avant de prendre le volant !) occupaient le haut du pavé au côté de quelques équipementiers automobiles (en Italie notamment). Cigarette, alcool, voiture (un vieux cocktail à la James Bond, modèle Sean Connery ?). Tout cela n'évolue guère !

En faisant le tour des principaux sponsors de la F1, on a la vague impression de faire de l'archéologie d'un temps ancien, bientôt archaïque, où le monde fonctionnait (et il continue de fonctionner ainsi d'ailleurs ...) sur un mode de développement sans autre perspective que la durabilité de sa propre croissance au détriment de tout le reste. Curieuse impression ...

La F1 a 60 ans cette année. Doit-on vraiment en faire un septuagénaire ?

Cela commence à sentir le roussi dans le petit monde de cette survivance d'un temps ancien où l'Europe dominait le monde de la haute technologie sportive : les budgets ont été réduits à la baisse. Encore un petit effort ! Cependant, les marchés de la diffusion télé et des publicités se sont déplacés vers les grands émergents. Là se trouve l'avenir de ce "sport". Sport bling bling par excellence, parfaitement adapté à ces sociétés inégalitaires et désireuses de consommer davantage. Hélas ...